Cyclisme

Toujours très présent dans la Classique des Lévriers, Philippe Gilbert ne pense qu'à la victoire

SAINT-ARNOULT Philippe Gilbert connaît par cœur l'Avenue de Grammont et la succession de côtes du final de Paris-Tours qui la précède. C'est qu'il a toujours joué un rôle majeur ces dernières saisons dans la Classique des Lévriers. En s'échappant avec Karsten Kroon et Pippo Pozzatto, avec qui il s'était marqué, l'an passé. En terminant 13e en 2006, après avoir protégé l'escapade victorieuse de son coéquipier Frédéric Guesdon. Et bien évidemment en 2005, lors de sa fameuse fuite avec Stijn Devolder dans les 25 derniers kilomètres. On se souvient des cris qu'il lançait à son compagnon de fugue, qui refusait de le relayer sur la fin, avant que tous les deux ne se fassent engloutir par le peloton, réglé par Zabel, à 200 petits mètres du but...

Ces souvenirs, Philippe Gilbert les a bien en tête. Et il va tenter de les mettre à profit, dimanche après-midi, pour que la classique automnale lui réussisse enfin.

"Paris-Tours, c'est vraiment celle qui me convient le plus, avec Milan-San Remo", explique celui qui va porter pour la dernière fois le maillot de la Française des Jeux, même s'il pourrait à nouveau participer à des cyclo-cross avant la fin de l'année. "J'aime son déroulement. Il faut toujours rester attentif, être constamment sur le qui-vive, car avec le vent, la course peut se jouer n'importe où. Le vent y est d'ailleurs souvent déterminant. Et comme on fait une sorte de boucle, si on l'a dans le dos au matin, on est sûr de l'avoir de face dans le final. Et inversement. Je préfère d'ailleurs que ce soit l'inverse : l'avoir dans le dos dans les derniers kilomètres. Car cela avantage les attaquants par rapport au peloton."

Surtout si la course a été dure auparavant, que cela a borduré, afin de fatiguer les nombreuses équipes de sprinters.

"Ça n'a l'air de rien, mais cette course est délicate", termine Philippe Gilbert. "Car on peut être en file indienne toute la journée et cela peut rouler à bloc."

Avant d'arriver sur les petites côtes, celles de Crochu, de l'Epan et du Petit Pas d'Âne, où les puncheurs, tel Gilbert, doivent émerger. S'il avait encore les grosses cuisses jeudi, des conséquences du Franco-Belge disputé dans des conditions exécrables, le Wallon s'est néanmoins bien testé dans le final de Paris-Bourges, se dérouillant les guiboles pour terminer 6e, tout en faisant le plein de confiance pour dimanche.



© La Dernière Heure 2008