Cyclisme Patrick Lefevere négocie actuellement avec ses sponsors pour la reconduction des contrats qui arrivent à terme cet hiver.

Au soir d’un Liège-Bastogne-Liège qui concluait le brillantissime bilan de ses troupes sur les classiques de début de saison, Patrick Lefevere avait soufflé que c’était désormais à son tour d’aller au-devant de semaines cruciales. "Mon boulot débute maintenant", souriait ainsi le manager flandrien.

C’est que l’avenir de la formation la plus prolifique de la saison (27 victoires depuis début janvier) et leader du classement WorldTour n’est pas encore assuré au-delà du 31 décembre, date à laquelle les différents contrats de sponsoring finançant la structure prennent fin. Présents à douze reprises sur les podiums des classiques printanières, les Gilbert, Martin&Co ont assuré leur part du boulot et donné un peu plus d’arguments à leur boss au moment d’empoigner la serviette de cuir et le stylo-plume pour démarcher les candidats partenaires. "Si nous ne parvenons pas à assurer la pérennité de l’équipe, la responsabilité n’en incombera pas aux coureurs", juge ainsi Lefevere.

Au-delà de leur rôle d’éternels animateurs des courses et du prestige des succès, les hommes en bleu ont surtout assuré une visibilité record aux sponsors présents sur leur tenue. Un retour sur investissement très intéressant qui parle toujours aux hommes de chiffres derrière les choix marketing et stratégiques.

Présent depuis le début de la semaine en Californie, Patrick Lefevere y a rencontré les dirigeants du vélociste Specialized, qui équipe actuellement sa formation. Une étape dans la tournée que le CEO mène actuellement et sur laquelle il préfère ne pas livrer de commentaire.

Actif dans le cyclisme depuis 2003, Quick Step n’a toujours rien laissé filtrer quant à son souhait, ou non, de prolonger son investissement sponsoring. Toujours propriétaire, en partie, de la société Decolef (pour De Cock/Lefevere) sur laquelle est adossée l’équipe WorldTour, Frans De Cock a cédé les clés d’Unilin (maison mère de Quick Step) à son fils Paul depuis plusieurs années déjà.

Si le géant flandrien du sol stratifié venait à stopper son engagement comme sponsor principal, cela pourrait ouvrir une porte pour Lidl. Ravi de son investissement global dans le vélo, la chaîne de supermarchés déjà présente sur le maillot de l’équipe belge serait prête à reconduire l’opération pour les trois prochaines années, voire même à s’offrir une place plus centrale sur la tunique des troupes de Lefevere.

Celui-ci s’est fixé le 30 juin comme date butoir du dossier. Soit la veille du grand départ du Tour de France, traditionnel point d’orgue du mercato cycliste.

"Mais jusque-là, je ne pense pas que les coureurs s’impatienteront. Très peu ont envie de nous quitter car ils ne peuvent être mieux que chez nous", conclut le Flandrien. Tous seront en effet, du même coup, en fin de contrat en décembre…