Cyclisme Malgré son insolente domination, Simon Yates peut encore perdre.

"Simon Yates est juste trop fort pour moi en ce moment." Cet aveu de Tom Dumoulin résume bien l’avis général du peloton. Les démonstrations successives du coureur Mitchelton-Scott ne laissent que peu de place au suspense pour la dernière semaine. Mais il existe quand même quelques raisons de croire encore à un retournement de situation d’ici l’arrivée à Rome.

Le contre-la-montre

Malgré son écrasante domination, Simon Yates fait preuve d’une extrême prudence. La faute au contre-la-montre d’aujourd’hui entre Trento et Rovereto. "J’ai une bonne avance mais Tom Dumoulin peut me reprendre deux minutes dans le seul chrono. J’ai tout fait pour creuser un écart intéressant depuis Jérusalem et j’ai réussi, mais tout peut s’écrouler en 35 km. Deux minutes, ce n’est pas énorme, je sais que je me répète, mais c’est un fait", a avancé le maillot rose après sa démonstration de Sappada.

Le plus dur pour la fin

La dernière semaine du Giro va être, comme à l’accoutumée, corsée. Trois arrivées au sommet sont encore au programme. Et l’étape reine de ce 101e Giro se déroulera vendredi entre Venaria Reale et Jafferau, avec plus de 4.100 m de dénivelé positif. Autant dire que Simon Yates dispose de beaucoup de possibilités de démontrer sa supériorité en montagne. Et d’autant d’occasions de tout perdre en cas de défaillance. Chris Froome l’a indiqué à chaque débâcle en rappelant qu’il y avait "beaucoup d’étapes difficiles à venir".

Yates termine mal

Le coureur Mitchelton-Scott a perdu cette année Paris-Nice lors de la dernière étape. Et il lui était arrivé pareille mésaventure la saison dernière lors du Tour de Romandie. Simon Yates n’avait jamais remporté une course par étapes avant le départ de Jérusalem. En 2017, le Britannique avait terminé 7e du Tour de France. Mais il avait concédé plus de quatre minutes à Chris Froome en dernière semaine. Et en 2016, Yates avait rétrogradé de deux places au général en perdant plus de trois minutes sur Quintana lors de la dernière semaine de la Vuelta. Cette difficulté à terminer est un problème familial puisque Adam, le jumeau de Simon, avait laissé échapper le podium lors de la dernière semaine du Tour de France 2016.

La jurisprudence de 2016

Il y a deux ans, Steven Kruijswijk était maillot rose lors de la dernière journée de repos. À une seconde près, il disposait de la même avance sur son dauphin que Simon Yates cette année. Sans gagner d’étape, le Néerlandais dominait la concurrence, au point d’augmenter encore son avance au lendemain de la journée de repos. Puis le cintre a tout perdu. Harcelé par Nibali, le Néerlandais a chuté dans la descente du Col Agnel. À l’image du Requin de Messine il y a deux ans, les Sky pourraient rendre la fin du Giro imprévisible.