Le tour du monde de Tom Boonen

Quentin Finné Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Sport nomade par essence, le cyclisme impose, un peu plus chaque saison, une vie de globe-trotter à ses acteurs du fait d’une mondialisation grandissante.

Pour emmagasiner les 19 jours de compétition qu’il affiche aujourd’hui à son compteur, Tom Boonen aura ainsi parcouru plus de 34.000 kilomètres en avion et passé près de quarante heures dans les airs. Un total qui grimpe même un peu plus encore (voir infographie ci-dessous) si on dresse le bilan 2014 des voyages de Tornado Tom, un stage d’équipe à Calpe venant alors s’ajouter à cette somme de pérégrinations. En l’espace de deux mois, le coureur d’Omega Pharma-Quick Step aura ainsi sillonné trois continents pour accumuler 2.640 kilomètres en course.

"Tom est un coureur qui aime courir au soleil", analyse Patrick Lefevere, le CEO de l’équipe belge. "Après une saison 2013 trop tôt écourtée, il avait une grande faim de compétition et souhaitait reprendre au plus vite. Son expérience de 2013 sur le Tour de San Luis lui avait laissé un beau souvenir et il a donc voulu y retourner. Le point négatif de cette épreuve est le voyage, il est vrai assez fatigant, qu’elle impose. Car à côté du vol principal reliant l’Europe à l’Argentine, il y a encore différentes connections locales qui font grimper la durée totale de ce déplacement à près de… trente heures. Pour le retour, j’ai décidé d’affréter un avion privé pour le vol interne de manière à offrir une meilleure récupération à mes coureurs. Ce sont parfois ces petits détails qui, au final, font une grande différence."

Boonen, lui-même, n’a d’ailleurs pas hésité à sortir son portefeuille à plusieurs occasions pour voyager dans les meilleures conditions. "Il s’est offert un upgrade en première classe sur certains long courrier et a parfois retardé son retour pour bénéficier d’un meilleur sommeil", poursuit le manager flandrien. "Mais la fatigue générée par ces trajets est incontestable. C’est pour cela que nous avons préféré ne pas effectuer de reconnaissance collective en prélude au Nieuwsblad. Au retour du Tour d’Oman, la priorité de Tom était à la récupération."

Une péninsule arabique dans laquelle le citoyen de Mol a, depuis plusieurs années, ses habitudes.

"On peut parler d’histoire d’amour entre Boonen et le Tour du Qatar (NdlR : 22 victoires d’étapes)", sourit Lefevere. "Un coureur professionnel aime s’installer dans une routine qu’il apprécie et maîtrise. C’est le cas de Tom sur ces épreuves, idéales pour préparer les classiques. Ce n’est pas un hasard si toutes les têtes d’affiches du printemps se pressent dans cette partie du monde. L’hiver belge est plutôt doux cette année et rend le choc thermique moins violent pour les coureurs qui ont couru jusqu’ici sous le soleil et par près de 50°C sur certaines étapes du Tour de San Luis."

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