Cyclisme

Malgré les menaces de l'UCI et la dérobade du TAS, les équipes ont décidé de s'aligner demain

AMILLY L'Union cycliste internationale aura tout tenté, mais malgré les menaces répétées (comme les précédentes, la journée d'hier n'en a pas manqué), les équipes ont confirmé hier qu'elles seraient au départ, demain, de Paris-Nice, à Amilly, dans le Loiret.

Réunies hier dans la banlieue parisienne, les formations professionnelles (membres de l'AIGCP) ont décidé à la majorité (quinze sur vingt-trois et huit abstentions) de disputer la Course au soleil.

Peu avant que les équipes ne se prononcent, le Tribunal arbitral du sport, saisi par le groupement économique des équipes du ProTour, s'était déclaré... incompétent sur les sanctions envisagées par l'UCI (suspension de six mois des coureurs qui disputeraient la course, très fortes amendes, suspension des équipes...).

Les équipes ont par ailleurs annoncé que leurs coureurs seraient solidaires en cas de sanction, ce qui réunit les coureurs des vingt équipes engagées à Paris-Nice (les formations du ProTour, sauf Astana, plus Agritubel, Skil et Slipstream), soit près de six cents coureurs et la crème du cyclisme professionnel.

Pour l'UCI et son président Pat McQuaid, il s'agit d'un sérieux camouflet. Son ProTour déjà moribond, la fédération internationale, qui, à défaut de chercher l'apaisement, a multiplié les menaces ces derniers jours, subit une nouvelle gifle.

ASO veut-elle créer uneligue privée ? "Non !", dit-elle

"Je n'ai pas le choix de faire autrement", a dit McQuaid "C'est ASO (également organisateur du Tour) qui a décidé d'organiser la course, et qui ne respecte pas les règles de l'UCI. La fédération française a aidé ASO."

Dans la journée, l'UCI avait d'ailleurs accusé ASO de chantage (en s'appuyant sur la participation au Tour de France) et de vouloir créer une ligue privée (affirmation démentie hier par Gilbert Ysern, l'un des dirigeants d'ASO) avec le soutien du ministère français des Sports...

L'UCI avait aussi annoncé l'ouverture de procédures disciplinaires à l'encontre de la fédération française (FFC), de son président Jean Pitallier, à qui ils reprochent d'"avoir trahi leur obligation de loyauté", ainsi que d'Eric Boyer, le président français de l'AIGCP.

Hier soir, le manager de Cofidis n'a pourtant pas voulu jeter d'huile sur le feu.

"Ce n'est pas un pied de nez à l'UCI" a dit Boyer. "La porte est ouverte au dialogue à tout moment."

Hier aussi, Pat McQuaid est apparu sonné : "Si on laisse ASO organiser la course en dehors des règles de l'UCI et que les équipes disent 'OK, allez comme vous voulez'(aux coureurs), je n'ai plus qu'à fermer la porte de l'UCI et à donner les clés à Paris."



© La Dernière Heure 2008