Cyclisme

Le Mayennais savoure le cadeau d'adieu de celui qui fut six ans son poulain

TOURS Symboliquement, personne ne pouvait rêver plus beau cadeau d'adieu que celui fait hier à ses patrons, employeurs et équipiers par Philippe Gilbert. Après six ans de vie commune, le Wallon quitte donc la Française des Jeux, où il a débuté sa carrière par la grande porte. "C'est une belle satisfaction" , disait Marc Madiot après la course. "Ça s'est passé comme nous l'avions rêvé, tout le monde a fait ce qu'il devait et, cette fois, les circonstances nous ont donné un coup de pouce. Bravo à Delage, mais c'est toute l'équipe qui est à féliciter. Chacun a tenu sa place. Ladagnous, Delage et Guesdon devaient se glisser dans les coups dans les 25-30 derniers kilomètres."

Mais il fallait que Gilbert fasse aussi un sans-faute. "Philippe a très bien couru" , dit le manager. "Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que c'était écrit. J'ai vécu les deux derniers kilomètres sereinement, sans stress. J'encourageais Delage, et j'ai dit plusieurs fois à Philippe de ne pas sortir trop tard, mais quand il a déboîté à 200 mètres, je savais que c'était dans la poche."

Avec cette victoire, c'est aussi une page qui se tourne, en même temps que Gilbert, mais aussi Delage, quittent La Française des Jeux pour rejoindre Silence-Lotto. "Je leur dis au revoir, pas adieu" , assure le double vainqueur de Paris-Roubaix. "Je suis habité du sentiment du devoir accompli. Ce succès me fait évidemment très plaisir, mais j'ai bien aimé aussi sa victoire au Het Volk après ses cinquante kilomètres en solitaire."



© La Dernière Heure 2008