Cyclisme

Le Français nous parle de Philippe Gilbert qui le quitte demain après 6 ans

SAINT-ARNOULT Il y aura forcément de l'émotion, demain, peu après 17 heures, à l'Hôtel du Louvre, qui, à la sortie de Tours, sert de vestiaire à la Française des Jeux. Au-delà de Paris-Tours, et quel qu'en soit le résultat, Philippe Gilbert mettra un terme à six ans de collaboration avec la formation de Marc Madiot.

Passé professionnel, en janvier 2003, dans l'équipe du double vainqueur de Paris-Roubaix, le Liégeois s'apprête à changer d'air et à passer chez Silence-Lotto. Pour Marc Madiot, une page se tourne.

"Je suis rôdé depuis douze ans que je dirige une équipe", dit-il. "Dans le professionnalisme, des départs, ça arrive tout le temps. Bien sûr, j'aurais préféré que Philippe reste, mais, finalement, c'est qu'il est resté six ans chez nous qui n'était pas normal."

Le Mayennais se rappelle qu'un de nos confrères bretons, Jean-François Quenet, l'avait mis sur la trace de Philippe Gilbert, alors Espoir.

"J'avais pris ma voiture et j'étais monté le voir en Belgique", se souvient Madiot. "J'avais eu un bon feeling, je l'avais convaincu. C'est un coureur sérieux, un vrai professionnel, un travailleur avec un énorme tempérament, qui sait se faire mal. Il sent les choses et la course directement. Il écoute, mais, finalement, il ne faut pas lui dire grand-chose, tout se fait naturellement avec lui. J'aimerais que tous mes coureurs soient pareils et connaissent sa carrière. Depuis ses débuts, il a toujours eu une progression linéaire, il ne lui reste plus qu'un dernier palier, ce n'est qu'une question de temps, de circonstances. Je suis certain que la grande victoire, que je lui prédis depuis deux ou trois ans, va venir. Dimanche, ce serait parfait !"

Le Français et son coureur se quittent en bons termes.

"Bien sûr", affirme-t-il. "Je vais continuer à le suivre et à lui parler. Humainement, Philippe est quelqu'un de bien. Il n'y a jamais eu le moindre problème dans l'équipe avec lui et avec les autres coureurs. C'est facile de travailler avec lui, c'est un mec qui a toujours envie. C'est un leader, un patron, qui est malin, et qui a toujours su fédérer les autres autour de lui."

Marc Madiot n'a qu'un regret.

"J'aurais aimé qu'il gagne Milan-Sanremo avec nous", dit-il. "Ç'aurait dû être le cas il y a deux ans, quand il était échappé avec Ricco, mais Bettini, accroché aux bagnoles, a tout ramené. Et puis, le Tour, ce n'est pas sa tasse de thé, mais finalement, sur une saison, il a de quoi s'exprimer ailleurs. C'est peut-être son seul problème. Il lui faudra toujours choisir, tant il peut briller dans beaucoup d'épreuves. Comme entre les classiques flamandes, qui lui conviennent, et les wallonnes, chères à son cœur. Finalement, je le répète, j'espère que ce n'est qu'un au revoir. Qui sait, on se retrouvera peut-être ?"



© La Dernière Heure 2008