Cyclisme

"La Gomme" était enterré mercredi. L'occasion d'un dernier hommage

BRUXELLES Le cœur tendre et sensible de Nico Mattan porte une nouvelle plaie. Équipiers durant cinq ans, au sein de l’équipe Cofidis, le Belge et Philippe Gaumont avaient noué une sincère amitié qu’ils tentaient d’entretenir.

“Nous nous rencontrions encore de temps à autre, mais la distance était un obstacle à nos rencontres impromptues”, explique ainsi le vainqueur de Gand-Wevelgem 2005. “Depuis qu’il avait repris sa brasserie à Lens, plus près de la frontière franco-belge, les choses étaient toutefois plus simples.”

Après la disparition tragique de son ami Frank Vandenbroucke en octobre 2009, le Flandrien a donc vu s’en aller un autre compagnon de route.

“Philippe était un gars en or, toujours prêt à rendre service pour un ami, empreint d’une gentillesse sincère et vraie. Sa générosité lui a d’ailleurs peut-être parfois joué certains vilains tours. La Gomme était aussi quelqu’un d’extrême dans ces choix. Avec lui, c’était toujours tout ou rien. Dans sa vie privée comme dans son univers professionnel, il allait toujours au bout des choses. Son abnégation lui permettait de tout réussir.”

Si l’image du dopage a longtemps été accolée au nom de Philippe Gaumont, Nico Mattan salue la prise de position de son ami. “Aujourd’hui, on constate que tout le monde, ou presque, était à mettre dans le même panier à l’époque. Philippe avait, après la parution de son livre, fait le choix de se retirer du monde du cyclisme et préférait ne pas trop se montrer sur les courses. Je sais que beaucoup font le lien entre le dopage et son accident cardiaque, mais ces deux données ne sont, selon moi, aucunement liées et le raccourci est trop facile. Si les mœurs du peloton de l’époque provoquaient de telles tragédies, le nombre de décès chez les cyclistes serait bien plus important...”



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