Cyclisme Matej Mohoric a tenu bon. Le grand espoir slovène, qui découvrait les courses dans notre pays, s’est imposé comme un grand.

Matej Mohoric a tenu bon ! Le Slovène, leader de la course depuis qu’il s’était glissé dans la bonne échappée, mercredi dernier à Anvers, a remporté la 14e édition du BinckBank Tour avec quatre secondes seulement sur Michael Matthews, vainqueur de l’ultime étape.

Rapidement esseulé, dans la finale des deux dernières étapes, le jeune coureur de Bahrain-Merida a cependant fait front et démontré que les qualités qu’on lui prête ne sont pas usurpées. À plusieurs reprises, Mohoric, que menaçaient encore de très nombreux coureurs (dimanche matin, quatorze hommes étaient classés en moins d’une minute, le double en moins de deux), a préféré passer lui-même à l’attaque ou en tout cas collaborer avec ceux qui tentaient de le mettre en difficulté pour mieux prévenir les surprises.

Samedi, vers Sittard, aux Pays-Bas, où s’était imposé finalement l’inattendu Autrichien Gregor Muhlberger, le Slovène, 23 ans seulement, ancien champion du monde chez les juniors, en 2012, puis chez les espoirs l’année suivante, avait lâché un peu de lest sur la fin d’une étape où Tim Wellens, 2e, n’avait pas été payé de ses multiples efforts. Même si, en partie grâce aux bonifications, le Limbourgeois avait fait un bond en avant au classement.

Ce dimanche, Mohoric a, une fois encore, été mis sous pression, mais finalement, le nombre élevé de coureurs qui restaient encore en lice, que ce soit pour la victoire finale ou pour obtenir un bel accessit dans une course à étapes du WorldTour, a sans doute joué en sa faveur. Si les attaques ont été nombreuses, toutes celles qui comportaient un ou plusieurs candidats n’ont pu jamais prendre un avantage déterminant. Souvent, le porteur du maillot vert de leader se trouva ainsi bien aidé par une équipe ou un allié de circonstance et c’est ainsi que Matej Mohoric put se présenter au pied de la dernière des quatre ascensions du Mur de Grammont en compagnie de ses rivaux.

Et pourtant, ce n’est finalement que pour cinq secondes que celui, dont le palmarès comptait jusqu’à cette semaine un succès d’étape au Giro et à la Vuelta, s’est imposé car dans les derniers hectomètres de l’étape, le leader a lâché prise sur des pavés qu’il découvrait à ce niveau et comme Michael Matthews, son plus proche poursuivant au général, avait grappillé des secondes de bonifications en cours d’étape auquel s’ajoutèrent les dix dévolues au vainqueur de l’étape, c’est de peu qu’il s’est imposé.

"C’est de toute justesse que j’ai conservé le maillot", souriait-il cependant après avoir retrouvé son souffle. "Ce fut en tout cas une dure mais aussi très belle semaine, dont je me souviendrai longtemps. Je reviendrai peut-être courir en Belgique au printemps… C’est la plus belle victoire de ma carrière jusqu’ici. Mon équipe n’était peut-être pas la plus forte, mais l’ambiance et l’état d’esprit étaient en revanche formidables."

Mohoric a reconnu que les circonstances l’avaient aidé.

"Je me sentais bien et j’ai préféré le montrer pour tenter de décourager mes adversaires", expliqua-t-il. "Je suis resté attentif et concentré mais aussi confiant. J’ai aussi bien profité de la rivalité entre Matthews et Van Avermaet, qui voulaient tous deux gagner l’étape, et ont fait rouler leurs équipiers pour cela. Cela jouait en ma faveur. Je suis satisfait, pendant le Giro, l’équipe m’avait demandé dans quelle course je voulais pouvoir tenter ma chance et j’avais choisi ce BinckBank Tour !"