Cyclisme

Deux grands favoris: l'Espagnol Alejandro Valverde et l'italien Paolo Bettini


STUTTGART Le Championnat du monde de cyclisme sur route présente dimanche à Stuttgart une affiche Espagne-Italie dans un climat plombé par le problème du dopage qui met à vif les nerfs des organisateurs allemands.

Deux des grands favoris, l'Espagnol Alejandro Valverde et surtout le champion sortant italien Paolo Bettini, ont dû en passer par un... tribunal pour être assurés de prendre le départ des 267,4 kilomètres.

Valverde, récusé initialement par l'Union cycliste internationale (UCI) à cause de son implication présumée dans l'affaire de dopage Puerto, a obtenu un feu vert de la part du Tribunal arbitral du sport qui s'est abstenu de prendre position sur le fond.

Bettini, lui, a refusé de signer tel quel un engagement éthique demandé par l'UCI. C'est le comité d'organisation de Stuttgart qui a recouru à un tribunal local, contre l'avis de la fédération internationale. Mais le juge allemand ne s'est pas opposé à la participation du champion olympique, titré l'année passée sur le circuit autrichien de Salzbourg devant l'Allemand Erik Zabel et l'inévitable Valverde (trois fois sur le podium depuis 2003).

Surenchère allemande

La surenchère médiatique et politique qui s'est développée sur ces Mondiaux, dans un pays voulant donner le coup d'envoi d'un nouveau cyclisme à cette occasion, a accablé d'ailleurs les trois médaillés de 2006. Même la sélection d'Erik Zabel, la légende du cyclisme allemand, a été contestée à cause de ses aveux de recours au dopage en 1996.

Toujours populaire, le vétéran allemand (37 ans) a été soutenu par le président de sa fédération qui, par contre-coup, a essuyé une salve de critiques. Zabel, qui n'a jamais conquis le titre mondial, a été maintenu dans sa formation qui mise surtout sur Stefan Schumacher, le "régional" de la course. Le vainqueur de l'Amstel Gold Race, qui s'était imposé au sommet du Cauberg, présente un profil idéal de trouble-fête pour les favoris.

A Stuttgart, en effet, l'arrivée est située en faux-plat montant après une montée modérée de 2700 mètres à la périphérie de la ville. Le profil handicape les purs sprinteur mais il favorise les puncheurs, tels Valverde et son compatriote Samuel Sanchez, impressionnant dans la récente Vuelta. Et, bien sûr, la ribambelle de candidats italiens que sont Alessandro Ballan, Davide Rebellin et surtout Filippo Pozzato, l'autre leader de la "Squadra".

La montée d'arrivée

Paolo Bettini, au-delà des polémiques qui l'ont accompagné durant la semaine ("Maintenant, je peux penser à me concentrer sur la course", a-t-il dit vendredi), dispose d'un registre encore plus large compte tenu de sa vitesse terminale. Tout comme Oscar Freire, le rapide Espagnol qui deviendrait en cas de succès le premier coureur à inscrire son nom à quatre reprises au palmarès.
Encore lui faut-il se présenter en bonne position au pied de la montée d'arrivée où devrait se jouer le dernier acte de la course. L'hypothèse implique que son équipe puisse contrôler la course jusque-là.

Les représentants d'autres sélections nationales moins puissantes, Frank Schleck pour le Luxembourg, Thomas Dekker pour les Pays-Bas, Cadel Evans pour l'Australie, Martin Elmiger pour la Suisse, Philippe Gilbert pour la Belgique, George Hincapie pour les Etats-Unis, ou encore les baroudeurs français (Fédrigo, Voeckler, Chavanel), n'ont guère intérêt à attendre les dernières minutes pour passer à l'offensive. Même si, traditionnellement, le suspens culmine dans le dernier acte du Championnat du monde.