Cyclisme

L'Italien voudrait doubler Giro et Tour

MOSCOU Pozzato est un garçon attachant, qui parle de son métier avec emphase et passion. Il aime se produire en Belgique, où la ferveur des supporters le long des routes lui donne littéralement des ailes.

"Il est clair que le Tour des Flandres est la course qui parle le plus à mon cœur, dit-il ainsi. C'est l'épreuve qui me fait encore rêver, parce que j'ai l'impression que la course cycliste est en Belgique le sport le plus important. Courir chez vous, c'est facile, car on se sent véritablement porté par le public, qui est composé de connaisseurs. Les supporters savent par cœur le nom de tous les coureurs et ne se font pas prier pour les encourager de la voix, parfois même du geste."

Après les classiques, Pozzato sait que l'équipe comptera sur lui pour le Tour de France. Apparemment pourtant, il a une petite idée derrière la tête, qu'il n'a pas encore partagée avec ses dirigeants. C'est à un moment où il se retrouvera seul avec nous qu'il confiera.

"Je suis sûr à 100 % de faire le Tour de France, dit-il, mais je déciderai après les classiques si je participe ou non au Tour d'Italie. J'espère vraiment pouvoir faire les deux", confie-t-il a jetant un regard à la ronde pour être sûr que personne d'autre que nous n'a entendu son souhait.

Le Giro est fatalement aux Italiens ce que le Tour est aux Français. Il semble clair, à voir l'attitude de Pozzato, que l'équipe préférait qu'il fît l'impasse sur le tour de son pays... En parlant d'impasse, il en est une que l'Italien a dû faire cette année, à son grand désappointement : le Championnat du Monde.

Sa réaction en dit long lorsque nous abordons le sujet avec lui. "Je vous donne le numéro de Ballerini et vous l'appelez maintenant ?" interroge-t-il en nous tendant sont portable.

"J'aimerais, moi aussi, qu'il me fasse confiance pour cette course, d'autant qu'elle se déroulera en Suisse, à deux pas de l'Italie, sur un parcours qui me convient. Après tout, restons-en là. Je ne veux pas parler du Mondial. Et, surtout, je ne veux pas attiser la polémique qui existe déjà."



© La Dernière Heure 2008