Cyclisme Le vainqueur de l’Amstel Gold Race 2015 ne s’est pas rassuré récemment.

Les mois suivent et ne se ressemblent pas pour Michal Kwiatkowski. Le Polonais, brillant vainqueur de Tirreno-Adriatico au début du mois de mars, a ensuite un peu baissé son niveau. Hors du Top 10 à Milan-Sanremo, dont il était le vainqueur sortant et 28e du Tour des Flandres, une épreuve qu’il adore et qui sied à ses caractéristiques, l’ancien champion du monde a peut-être payé son début de saison fantastique. Kwiatkowski, avant le classement général de Tirreno-Adriatico, avait décroché le Tour de l’Algarve en plus deux étapes au Portugal.

Un début de saison de rêve qui appelait d’autres résultats comme en 2017. Il y a douze mois, l’ancien coureur de Patrick Lefevere avait emporté les Strade Bianche, Milan-Sanremo avant de finir 2e de l’Amstel Gold Race, battu de justesse par Philippe Gilbert, et 3e de Liège-Bastogne-Liège.

À Sanremo, Kwiatkowski a joué au chat et à la souris avec Sagan et a laissé démarrer Nibali sans vraiment répondre à l’Italien. En catastrophe, il est venu prêter main-forte à son équipe sur le Ronde pour un essai moins concluant. Pour un garçon qui racontait il y a quelques semaines au Nieuwsblad qu’il voulait "remporter toutes les classiques", il doit sur les classiques wallonnes faire face à la concurrence de Valverde et d’Alaphilippe, deux sacrés clients. "Je veux un jour gagner le Ronde , Liège et même Roubaix, c’est un but", détaillait-il. "Mais cette saison, je me suis entraîné pour être en forme sur les classiques ardennaises, pas en fonction du Tour des Flandres." De cette manière, Kwiatkowski a balayé d’un revers de la main sa moyenne performance dans les Ardennes flamandes. "Je n’ai pas pris part aux autres courses pavées, je n’étais pas dans l’atmosphère de ces classiques."

"C’était la même chose pour Tirreno, c’était une course de préparation mais si tu as la chance de la gagner, tu ne vas pas t’en priver", rajoutait le coureur âgé de 27 ans. Au Tour du Pays basque, la chance et la condition ont moins souri à Kwiatkowski. Largué lors des deux premières étapes remportées par Alaphilippe, il a fini 3e de la 3e journée avant de décrocher la 4e place dans le chrono. Finalement, il a décidé d’abandonner lors de la dernière étape, alors qu’il n’avait plus rien à espérer au classement général.

Attention tout de même car Kwiatkowski reste un coureur malin qui sait répondre présent quand il le faut. "Des trois classiques ardennaises, la Doyenne me convient le mieux même si c’est à l’Amstel que j’ai obtenu mes meilleurs résultats, avec entre autres la victoire en 2015" , expliquait-il. "Liège est la plus dure des trois et j’aime son arrivée. J’ai échoué de peu à deux reprises (NdlR : 3e en 2014 et en 2017) et j’ai vraiment envie de combler cette lacune à mon palmarès."

"Devenir un coureur de grand tour"

Lorsque Kwiatkowski a quitté la Quick-Step Floors fin de l’année 2015, le Polonais avait été clair. Il voulait apprendre chez les Britanniques à devenir un coureur capable de rivaliser avec les meilleurs sur les épreuves de trois semaines. Il avait envie de laisser son étiquette de coureur de classique pour celui de chasseur de maillot rose et jaune. "En cyclisme, il est très important d’être ouvert à de nouvelles sources de motivation", avouait-il récemment dans le Sport/Foot Magazine. "Ces derniers temps, j’ai surtout travaillé la montagne et le chrono. Surtout après la saison 2017. Le Tour de France a confirmé ce que je pensais : c’est dans les cols et contre le chrono que je peux progresser le plus. Ça me motive beaucoup. Je voudrais devenir un coureur de grand tour, un type qui peut entamer sa saison en ayant en tête le classement d’un Giro ou d’un Tour de France." Pour le moment, Kwiatkowski n’a jamais fait mieux que sa 11e place obtenue sur le classement général du Tour de France 2013, en six participations sur les différents grands tours.