Cyclisme

À 33 ans, le Cubain Ivan Dominguez (Fuji) découvre les pavés...

GAND Il a toujours le sourire, Ivan Dominguez. Est-ce parce qu'il est nerveux à l'idée de disputer la course la plus difficile de sa carrière ou se dit-il que l'expérience qu'il vit, à 33 ans, sera sans doute l'une des plus mémorables à raconter, un jour, à ses petits-enfants ? Si vous voulez notre avis, il y a un peu des deux. Il suffit toutefois de discuter un moment avec lui pour se rendre compte que son bonheur n'est absolument pas feint. Il vient de loin, notre ami cubain. Au propre comme au figuré.

"J'ai reçu mon premier vélo à 13 ans", raconte celui qui est né à La Havane. "Mon domaine, c'était la piste. J'ai été champion de Cuba et j'ai décroché deux médailles d'or aux Jeux Panaméricains. Je suis toujours détenteur du record cubain sur 4 km. En 98, lors d'une tournée au États-Unis avec l'équipe nationale cubaine, j'ai décidé de fuir mon pays pour tenter ma chance aux États-Unis."

Commence alors une période difficile de sa vie. "Je ne connaissais personne, sinon un oncle éloigné à Miami. Je ne parlais pas anglais, j'ai dû accepter une place de manutentionnaire dans une usine de chaussures pour nouer les deux bouts."

Le vélo va lui permettre non seulement d'améliorer sa vie de tous les jours, mais aussi de légaliser sa situation. "En 2000, on m'a offert une place dans le Team Saturn et, en 2 saisons, j'ai récolté quelque 20 victoires. Ensuite, je suis passé dans l'équipe Toyota et me voilà à présent chez Fuji, une formation ProTour... pour disputer cette semaine infernale : GP E3, Flèche Brabançonne, 3 Jours de la Panne et Tour des Flandres. Alors que je n'ai jamais vu un pavé de ma vie. C'est surtout la combinaison pavés/pluie qui me fait vraiment peur. Bah! ça me fera des souvenirs à raconter." Ivan a abandonné à l'E3, à la Flèche et à La Panne. Reste à présent le Ronde...



© La Dernière Heure 2009