Cyclisme Au lendemain de l’arrivée hors délai de Kittel et Cavendish, Greipel, Groenewegen et Gaviria ont abandonné jeudi

Au sortir des Alpes, les sprinters trouveront ce vendredi un terrain plus à leur convenance entre Bourg d’Oisans et Valence (169,5 km). Pour ceux qui sont toujours en course du moins…

Après l’arrivée hors délai de Marcel Kittel (14 victoires sur le Tour) et de Mark Cavendish (30 succès) à La Rosière mercredi, ce sont André Greipel (11 victoires), Dylan Groenewegen (3 victoires) et Fernando Gaviria (2 victoires) qui ont quitté la Grande Boucle lors de la 12e étape, sur abandon, avant même la montée finale de l’Alpe d’Huez.

"Tous ces gars ne sont pas devenus des mauvais coureurs du jour au lendemain", commentait Brian Holm, l’un des directeurs sportifs de la Quick Step. "On pourra me dire que ma position est influencée par le fait que nous possédons un des meilleurs spécialistes de l’exercice dans notre équipe, mais je vous assure que je tiendrais le même discours si je travaillais pour une autre formation : les délais sont tout simplement trop courts. Malgré son gabarit, Greipel grimpe plutôt bien et avait bouclé ses sept précédents tours sans trop de problèmes jusqu’ici. Il faut donc se poser certaines questions… Les gars s’étaient déjà battus durant deux jours pour franchir la ligne dans les temps. Au bout d’un moment, l’élastique craque…"

Calculé en faisant corréler un degré de difficulté attribué au parcours et un pourcentage du temps du vainqueur, il autorisait par exemple un retard de 41 minutes sur Thomas jeudi au sommet de l’Alpe d’Huez. Une réglementation qui n’a pas été modifiée ces dernières années au contraire, selon Patrick Lefevere, du degré de difficulté du parcours.

"On envoie de plus en plus les sprinters au massacre !", juge le manager flandrien. "C’est une tendance globale dans le cyclisme actuel : les organisateurs dessinent toujours des étapes plus dures. J’ai effectué tout le parcours des 11e et 12e étapes dans la voiture et je vous assure que c’était plus que musclé… Il serait bon de se rappeler de temps en temps que les coureurs restent des humains et non des robots…"

Arrivé six minutes avant la limite fixée par le jury jeudi, Timothy Dupont portait sur son visage les stigmates d’une longue journée de souffrance. "Les trois dernières étapes ont été très difficiles, mais je suis heureux de les avoir bouclées", commentait le sprinter de chez Wanty-Groupe Gobert. "J’ai tenté de gérer ma montée de l’Alpe au mieux en connaissant les délais, mais cela reste une épreuve !"

Il défiera donc désormais les Sagan (qui compte autant de points au classement du maillot vert ques ses trois poursuivants réunis !), Kristoff, Démare ou Colbrelli.

Quentin Finné