Cyclisme

Pour gagner Paris-Tours à nouveau, Philippe Gilbert a allié talent, motivation et sérieux

Au Tour de Lombardie pour le gagner

"Il n'y a plus de discussion"


Paris - Tours en images


TOURS Un an après, Philippe Gilbert a donc doublé la mise à Paris-Tours. Cette fois, le Liégeois, emmené en carrosse l'an passé par son copain Mickael Delage, a triomphé tout seul, et, Jan Kuyckx nous excusera, face à un énorme champion comme Tom Boonen, qu'il a devancé au sprint, ce qui a rehaussé encore cette deuxième victoire.

"Après que mes équipiers eu-rent durci le final, on s'est retrouvé entre leaders, homme contre hom- me, une situation que j'aime", disait-il avant de parler de ses sensations. "Gagner avec le numéro 1, c'est toujours spécial. J'ai eu aussi pas mal de pression. Comme ancien vainqueur et après mon succès de jeudi en Italie."

Quelques heures plus tôt, au départ, au pied de la cathédrale de Chartres, le Liégeois avait pourtant le masque fermé.

"Je doutais", avouait-il après l'arrivée. "Comme j'ai douté quand les dix échappées ont possédé huit minutes d'avance. Jeudi, après mon succès à la Coppa Sabattini, j'étais rentré à Monaco en voiture, plus de 350 km. Puis, samedi, quand j'ai pris l'avion à Nice, il y avait des mouvements de grève, je suis arrivé plus tard que prévu à Paris, d'où j'ai encore dû revenir à Chartres en voiture. Il y avait des embouteillages et j'ai encore perdu plus d'une heure. Je suis arrivé très tard à l'hôtel. Vraiment, je l'ai ressenti dans les jambes lors de la première heure de course."

La suite allait se dérouler parfaitement pour Gilbert qui finit la saison en boulet.

"J'étais motivé", dit-il, "mais pas revanchard après le Mondial, car j'y avais ressenti une vraie déception. Sixième après une belle course, c'était pas mal, mais quand vous venez pour gagner et ramener le maillot ou au moins pour monter sur le podium, une 6e place ne peut vous satisfaire."

Là où certains auraient baissé les bras et mis un terme à leur saison, le Liégeois, au contraire, a puisé la force nécessaire pour remettre son ouvrage sur le métier et plutôt deux fois qu'une.

"J'ai fait le métier à 200 %", reconnaît-il. "Je ne regarde pas derrière moi mais toujours devant. On vit de toutes ces expériences et on progresse en les analysant. Je suis jeune, je n'ai que 27 ans, mais je n'ai pas de temps à perdre, malgré tout. Je ne veux rien avoir à regretter après ma carrière."



© La Dernière Heure 2009