Cyclisme

Pozzato est passé chez Katioucha afin d'avoir les mains libres pour les classiques qui lui plaisent

envoyé spécial en Russie Philippe Van Holle

MOSCOU Filippo Pozzato a 27 ans et est pro depuis six ans. Mapei, Fassa Bortolo, Quick Step et Liquigas furent ses équipes précédentes. Cette année, après une saison morne durant laquelle il ne gagna que le Tour de Grossetto (il fut quand même deuxième de Milan-Sanremo derrière Cancellara et devant Philippe Gilbert), le Vénitien a opté pour l'exotisme russe en déménageant chez Katioucha.

Passer d'une grande formation Italienne à une toute nouvelle équipe, certes internationale mais à forte consonance russe, c'est un énorme changement ?

"J'ai changé, parce que Liquigas ne semblait plus avoir grande confiance en moi. J'ai donc tout naturellement cherché ailleurs. Lorsqu'est arrivée la proposition de Katioucha, je n'ai pas hésité longtemps. Notamment parce que l'on m'a donné la garantie que je serai leader unique pour mes courses de prédilection."

Aucune appréhension ?

"Non, Je n'ai jamais peur, tout comme je n'ai jamais été riche (rire !). Cette équipe est nouvelle mais elle est composée de vrais professionnels. L'important, c'est de former un véritable groupe, qui exprimera sa solidarité en course. Or ici, dans ce stage de presque seize jours qui a précédé la présentation à Moscou, un stage très long pas forcément facile à digérer psychologiquement parlant, on a déjà montré une belle unité."

Votre programme a-t-il déjà été établi pour la saison 2009 ?

"Oui. Je reprendrai au Tour du Qatar puis je ferai la Ruta del Sol, Laigueglia, le Volk, Eroica, Tirreno Adriatico, Milan-Sanremo, Harelbeke (NdlR : selon son directeur sportif Serge Parsani, mais les deux hommes ne semblaient pas sur la même longueur d'onde à ce sujet) , 3 Jours de La Panne, Tour des Flandres et Paris-Roubaix."

Avec un objectif précis en tête ?

"Oui ! Gagner ! Le plus possible ! Il est difficile de mettre, comme ça, un nom sur un objectif en particulier. Nous sommes tellement dans le peloton et, pour finir, il n'y a jamais qu'un vainqueur par course. C'est peu ! Donc il faut partir avec l'idée de faire partout le meilleur classement possible, mais il est certain que pour le type de coureur que je suis, il importe avant tout de vaincre. Et si possible plusieurs fois dans la saison. C'est bon pour le moral !"

Quand même, vous ne le dites pas mais, vous connaissant, nous savons que vous devez avoir une course en tête ?

"Je sens que vous ne serez content que si je vous dis que je gagnerai un monument : alors, OK, je veux en gagner un. Et, pour moi, il n'y en a que trois qui sont dans mes cordes : Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Avec une préférence, peut-être, pour les deux derniers, puisque j'ai déjà gagné la Sanremo en 2006."



© La Dernière Heure 2008