Cyclisme À cinq jours de l’arrivée, il est bien parti pour remporter la Vuelta après le Tour.

Avec 1:01 min d’avantage sur Vincenzo Nibali et un peu plus du double (2:08) sur Ilnur Zakarin, Chris Froome est un leader solide du Tour d’Espagne. Le Britannique peut envisager de remporter dimanche un cinquième grand tour et de devenir le premier à réussir le doublé Tour-Vuelta.

Que reste-t-il ?

Avant l’arrivée à Madrid, il reste six étapes. Quatre d’entre elles devraient influer sur le classement final, à commencer par le chrono de ce mardi. Longue de 40,2 km, l’étape finira à Logrono. Elle est favorable aux rouleurs comme Froome, avec 350 mètres de dénivelé. Ensuite, les 17e et 18e étapes se terminent sur des montées inédites. Mercredi, ce sont 3.000 mètres de dénivelé qui attendent les coureurs avec la spectaculaire descente de La Lunada, qui mène au col d’Alisas (1ère cat.), et l’ascension finale sur rampes infernales de Los Machucos (hors cat.). Le 2e kilomètre de cette montée de sept présente des passages à 26 % et 25 % puis trois kilomètres à plus de 10 %. Le lendemain, l’étape sera moins dure, mais son final spectaculaire vers le monastère de Santo Toribio de Liébana peut surprendre.

Même si elle présente plusieurs cols (en première partie), la 19e étape, vendredi, avec l’arrivée à Gijon doit sourire aux baroudeurs avant l’avant-dernière et terrible étape de samedi. Elle n’est longue que de 117 km mais propose trois cols, dans les quarante derniers kilomètres, dont la montée finale à l’Alto de L’Angliru (12.5 km à 9.8 %) et ses passages répétés à 16 %, 18 % ou 20 %.

Froome peut-il réussir ?

Le Britannique est bien placé pour réussir son pari. Même s’il a parfois plié, le quadruple vainqueur du Tour n’a jamais rompu ces deux dernières semaines. Petit à petit, comme toujours, il a repoussé ses rivaux, bien entouré par une très solide équipe Sky. Knees et Stannard sur le plat, Lopez et Puccio en moyenne montagne et Rosa, Moscon, Nieve et Poels en altitude contiennent avec efficacité toutes les initiatives. Froome termine le boulot…

Serait-ce un exploit ?

Si Jacques Anquetil (en 1963) et Bernard Hinault (en 1978) ont gagné tous les deux la Vuelta et le Tour la même année, ils l’ont fait à une époque où le Tour d’Espagne était couru de la fin avril à la mi-mai. Depuis que la Vuelta a été repoussée en fin de saison, aucun des coureurs qui ont tenté ce doublé ne l’a réussi. Ce serait donc une première et pour Froome un premier succès dans un autre grand tour que celui de France.

Qui peut l’en empêcher ?

Deuxième du général, Vincenzo Nibali semble forcément le mieux placé. Mais le chrono de Logrono va sans doute le repousser plus loin encore de Froome. Ses autres adversaires directs semblent plutôt concernés par les places d’honneur et notamment par la perspective de monter sur le podium. Deux coureurs pourraient pourtant encore faire basculer la course. D’abord le Colombien, Miguel Angel Lopez, sans doute le meilleur grimpeur de cette Vuelta où il a remporté deux étapes. Le coureur d’Astana dispose aussi d’une solide formation, avec notamment Fabio Aru. Enfin, il y a Alberto Contador. Toujours insaisissable et insatiable, El Pistolero ne gagnera pas une quatrième Vuelta pour ses adieux. Mais il peut, par sa manière débridée de courir, décider qui en sera le vainqueur final ou pas. Cela avait été le cas l’an passé, quand le Madrilène avait propulsé Nairo Quintana vers la victoire finale, au détriment de… Chris Froome.