Cyclisme Présent sur le podium du Tour à trois reprises (2e en 2013 et 2015, 3e en 2016), Nairo Quintana veut définitivement effacer sa contre-performance sur la dernière édition de la Grande Boucle (12e). 

Pointe centrale du trident de la Movistar complété par Landa et Valverde, le Colombien sait que le temps presse pour concrétiser son rêve : remporter le Tour de France

Sa saison 2018: "un début d'année plus calme"

“Cette saison a été un peu différente pour moi, plus calme (29 jours de course seulement) qu’en 2017 (NdlR : lorsqu’il avait enchaîné Giro et Tour). J’ai disputé quatre courses par étapes et suis à chaque fois entré dans le Top 5 . J’étais en effet second sur la Colombia Oro y Pas et en Catalogne où Alejandro (Valverde) s’est imposé. J’ai fini cinquième au Pays basque, une épreuve lors de laquelle mon équipier Landa est monté sur le podium. À la mi-juin, je suis encore monté sur la troisième marche du podium du Tour de Suisse où j’ai, de surcroît, enlevé une étape de montagne. Mon état d’esprit sur ces différentes épreuves était un peu différent. Je les ai abordées de manière plus décontractée que par le passé, en cherchant à aider mes équipiers et en construisant plus tranquillement ma condition en vue de mon plus grand objectif de la saison : le Tour.”

Sa préparation pour le Tour: priorité à la fraicheur

“Après le Tour du Pays basque, je suis rentré en Colombie comme chaque fois que je me suis préparé pour la Grande Boucle. Avant de revenir en Europe pour le Tour de Suisse, j’ai enchaîné plusieurs longues sorties en tentant de simuler les conditions que je serai amené à rencontrer en juillet. J’ai surtout travaillé les longues ascensions et le chrono. L’objectif de toute ma préparation est de me présenter au départ de Vendée avec un maximum de fraîcheur. Par le passé, j’ai parfois encaissé de gros efforts en multipliant les courses. Nous avons volontairement allégé mon programme cette année pour m’amener dans les meilleures conditions physiques et mentales sur le Tour.”

La cohabitation: "On sait partager le leadership"

“Il est important d’avoir une équipe aussi solide que possible sur le Tour. Nous possédons des coureurs capables de briller sur tous les terrains et je pense bien que cette sélection est la plus forte qui m’ait jamais accompagné sur le Tour. Avec Alejandro Valverde et Mikel Landa, nous avons déjà démontré à plusieurs occasions depuis le début de la saison que nous étions capables de travailler dur ensemble et de partager le leadership de l’équipe. Nous n’avons jamais connu de problèmes sur ce plan. Au fur et à mesure que les étapes s’égrèneront, nous y verrons sans doute plus clair. Je pense que le mieux sera de faire un premier état des lieux après l’étape des pavés. Ce serait fantastique si nous étions alors encore tous les trois en bonne position. Il faudra tirer profit de notre puissance collective.”

Le parcours: "Être chanceux en début de Tour et fort ensuite"

“La première semaine est de celle qui force le respect. Avant la neuvième étape vers Roubaix et ses 20 kilomètres de pavés, je ne pense pas que les capacités de pilotage joueront un véritable rôle dans le déroulement des choses. Il faudra être extrêmement attentif, mais parfois, la malchance vous rattrape malgré tout. La seconde moitié du Tour devrait bien nous convenir car elle propose beaucoup de haute montagne. Stratégiquement, il faudra veiller à ne pas se faire piéger par des coureurs distancés au général après la première semaine et qui tenteraient alors leur va-tout. J’ai pu repérer les principales étapes clés puisque j’ai reconnu toutes les étapes des Alpes, des Pyrénées ainsi que le chrono individuel programmé à la veille de l’arrivée sur les Champs-Élysées. Ce Tour de France propose un tracé difficile où l’essentiel sera d’être un peu chanceux dans la première partie et fort dans la seconde.”

Ses rivaux: "Je me méfie de Roglic"

“Le collectif du Team Sky est toujours aussi riche et solide, c’est évident. Mais derrière eux, il ne faut pas oublier plusieurs candidats très sérieux à la victoire, surtout si ceux-ci passent la difficile étape des pavés menant à Roubaix indemnes. Lorsqu’il a gagné le Tour en 2014, Nibali avait démontré qu’il était très à l’aise sur ce terrain. Il existe ensuite un petit peloton de gars comme Bardet ou Porte qui ont chacun leurs forces et leurs faiblesses. Je serai aussi attentif à Roglic. Il faudra le surveiller, voir comment est sa forme, car il pourrait franchir un palier cette année.”