Cyclisme Rémy Mertz évoque son transfert comme néopro chez Lotto-Soudal.

Annoncé depuis longtemps en coulisses, Rémy Mertz a reçu le feu vert, ce mercredi, pour parler de son transfert chez Lotto-Soudal. Une équipe dans laquelle il doublera le quota de… coureurs wallons, puisqu’il n’y en avait qu’un seul cette saison : Maxime Monfort. Entretien avec ce coureur d’Arlon, âgé de 21 ans, dont le frère Nicolas roule en continentale (chez T-Palm-PCW) et qui a débuté par le VTT avant de passer sur la route. Discipline dans laquelle il a été un des meilleurs jeunes coureurs belges ces dernières années : il a notamment gagné une étape du Tour de Namur, une du Tour des Carpates en UCI 2.2, s’est classé 6e de Liège-Bastogne-Liège Espoirs et est 2e du DH Challenge Philippe Gilbert


Rémy, vous porterez ces deux prochaines années le maillot Lotto-Soudal. Que représente cette équipe pour vous ?
"C’est tout simplement une des meilleures équipes belges. Signer là, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver pour commencer ma carrière. C’est une grande équipe, qui fait partie du World Tour , mais je trouve qu’elle a une très bonne politique de formation, en ne mettant pas trop de pression sur les jeunes tout en leur faisant confiance. On a vu plusieurs talents émerger dans cette équipe ces dernières années, comme Wellens, Benoot, Vervaeke… Même si je n’oublie pas qu’un coureur n’est pas l’autre."

C’est un rêve qui se réalise ?
"Oui, vraiment. Tous les jeunes qui font du vélo rêvent d’un jour devenir pro. Ce sont d’ailleurs les pros qui donnent souvent envie aux jeunes de faire du cyclisme. J’espère un jour pouvoir à mon tour être un modèle pour les jeunes."

Vous aviez aussi une idole ?
"Oui, c’était… mon futur équipier Maxime Monfort. Il est issu de la même province que moi, celle du Luxembourg, et il a aidé les frères Schleck à gagner le Tour de France. C’était mon idole. Et puis, quand j’étais chez les juniors, il m’avait remis le prix Maxime Monfort, d’un montant de 500 €, ce qui m’avait permis d’acheter du matériel. Il m’a aussi conseillé. Je me demandais si ce n’était pas trop précoce de passer chez les pros en 2017, mais il m’a encouragé à faire le pas."

Qu’espérez-vous de vos premiers pas chez les pros ?
"Je reste prudent : ma première saison sera avant tout une découverte, ce sera pour apprendre. Chez les jeunes, j’aimais les courses ardennaises, je suis plutôt un puncheur. Mais j’attends de découvrir les courses pros avant de me prononcer sur ce que je préfère. Au sein de mon équipe continentale Color Code-Arden Beef, j’ai pu beaucoup apprendre, mais je sais que le palier à franchir, chez les pros, est énorme, qu’il faudra beaucoup travailler, ce que je suis prêt à faire."


"Les compteurs sont remis à zéro"

Depuis qu’il est arrivé chez Lotto-Soudal, Maxime Monfort en est devenu le capitaine de route sur les courses par étapes. Et l’ancien vainqueur du Tour de Bavière ou du Luxembourg aime encadrer les jeunes.

"Je le ferai encore avec plaisir pour Rémy Mertz", évoque l’expérimenté coureur wallon. "Il en aura plus besoin qu’un Wellens ou un Vervaeke, qui ont déjà du métier. Je suis content que Rémy rejoigne l’équipe. J’ai suivi ses résultats chez les jeunes. Forcément, comme il n’y a pas énormément de coureurs en province de Luxembourg, on est toujours un peu plus liés, même si je ne le connais pas encore super bien. Mais je vais apprendre à le connaître."

Que peut-on attendre de Mertz chez les pros ? "Cela reste à voir, car il est encore assez jeune, et il ne faut pas oublier que les compteurs sont remis à zéro une fois qu’on passe chez les pros. Surtout maintenant, avec un cyclisme pro qui est devenu de plus en plus difficile. Même un premier mondial chez les Espoirs n’est pas assuré de faire une grande carrière. Mais l’inverse peut aussi être vrai. Je ne serai donc plus le seul Wallon de l’équipe, c’est chouette. Rémy n’est cependant pas arrivé chez Lotto-Soudal parce qu’il est wallon mais parce qu’il mérite sa place."