Cyclisme À près de 37 ans, Alejandro Valverde n’a jamais semblé aussi jeune.

À 36 ans, il n’a jamais affiché une telle forme. En état de grâce, il collectionne les victoires depuis le début de la saison. Récent vainqueur de la Flèche wallonne, Alejandro Valverde entend bien remettre le couvert, ce dimanche, lors de Liège-Bastogne-Liège, sa classique favorite. Le champion espagnol nous a reçus, hier soir, dans son hôtel de Herstal. Rencontre.

Vous détenez désormais huit victoires dans les deux classiques wallonnes. Seul Eddy Merckx avait jusqu’ici réussi cet exploit. Qu’en pensez-vous ?

"C’est évidemment un grand honneur de partager un record avec le plus grand champion de l’histoire. J’étais trop jeune à la période de gloire de Merckx. Je n’ai jamais pu le voir pour de vrai. Mais j’ai beaucoup lu sur sa carrière. Pour moi, c’est une légende. La référence absolue."

Comment expliquez-vous votre forme actuelle ?

"C’est simple. Je me sens totalement libéré. Avant, j’étais sous pression. Là, depuis un an ou deux, je cours pour le plaisir. L’envie de gagner est toujours très présente, bien sûr. C’est mon moteur. Mais je n’ai plus la hantise de mal faire. Du coup, je suis plus relax. Mieux dans ma peau. Cela me permet de faire parler mon expérience, mon sens de la course. J’ai aussi appris à connaître mes limites. J’écoute en permanence mon corps. Et cela m’aide à mieux contrôler mes efforts, à anticiper. Sincèrement, je ne me suis jamais senti aussi bien. Mieux que lorsque j’avais 25 ans…"

Précisément, quelles sont vos recettes pour conserver cette éternelle jeunesse ?

"D’abord, la passion. Rien que la passion. Pour moi, le cyclisme n’a jamais été un travail. Et aujourd’hui, à presque 37 ans, j’ai envie de savourer chaque moment le plus intensément possible. Comme si j’étais débutant. Et puis, c’est vrai, il y a une forme de don. Un peu comme si j’étais né pour exercer cette profession. Je n’ai pas besoin de m’entraîner autant que les autres. C’est un gros avantage. Depuis tout gamin, j’ai une santé de fer. Tout cela aide. C’est bizarre mais j’ai l’impression de me bonifier avec le temps !"

Vous êtes-vous fixé une date pour prendre votre retraite ?

"Non. Je suis encore sous contrat avec Movistar pour près de deux ans. On fera le point ensuite. Je n’y pense pas trop. Tant que je me sentirai capable de gagner, je continuerai…"

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