Rodriguez : “Quand un coureur triche ? Dehors !”

Philippe Van Holle Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Vainqueur à la Flèche , Rodriguez se réjouit de la suspension de son équipier…

HUY Il y a des questions qui peuvent fâcher mais qu’il faut poser. Au risque d’indisposer le beau vainqueur de la Flèche Wallonne, nous avons demandé à Joaquin Rodriguez ce qu’il pensait de la suspension de son équipier (sprinter) Denis Galimzianov, pris à l’EPO.

Certes, le Russe, dans une lettre qui semblait lui avoir été dictée de A à Z, disculpe totalement son équipe, mais il n’empêche que, vu le passé parfois très trouble du cyclisme, nombreux, dans le grand public, ne manqueront pas de faire l’amalgame entre le cas de dopage récent du coureur Katusha et le succès impressionnant, hier, de Rodriguez faisant partie du même team.

Pour les sceptiques donc, la réponse qu’allait servir le vainqueur du jour à notre interrogation était déterminante. Rodriguez, en tout cas, ne parut nullement désarçonné par cet- te intervention sur le dopage toujours un peu mal vue dans le milieu. “Moi, je suis toujours content quand un coureur qui a triché est pris”, disait-il d’un air sérieux autant que convaincu. “Galimzianov a confessé sa faute. Il n’y a pas grand-chose à dire de plus. Mais franchement, c’est vrai, il faut toujours se réjouir qu’un dopé soit exclu du peloton !” Voilà qui a le mérite d’être clair et sans concession.

Renseignements pris, il nous est revenu que Rodriguez est un vrai pourfendeur du dopa- ge. Il lui est même arrivé d’expliquer que s’il ne gagnait que peu, c’est parce qu’il était tout simplement clean.

Hier, toutefois, Rodriguez a gagné, et bien gagné, démarrant à l’endroit même, dans le Mur, où Philippe Gilbert l’avait surpris l’an dernier. “Dans ma carrière, j’ai été deux fois deu-xième de la Flèche, une fois deuxième à Liège et une autre fois encore deuxième à l’Amstel et j’ai souvent dit que j’échangerais volontiers tous ces premiers accessits contre un seul beau succès”, confiait encore l’Espagnol. “Je le tiens enfin. Et oui, j’ai attaqué là où Gilbert l’avait fait l’an dernier. Pourtant, dans les 50 derniers kilomètres de la course, je n’ai pensé qu’à ça. J’hésitais, n’était-ce pas trop loin ? Et puis, j’ai pris ma décision en sentant que mes jambes tournaient bien : je tenterais ma chance comme Gilbert et je verrais bien si je tenais le coup.”

Si le coureur Katusha affirmait encore que Gilbert était imbattable en 2011, certains se demandent si l’Espagnol, vu sa supériorité sur la Flèche, ne serait pas cette fois l’homme à battre à Liège. “Peut-être, mais Gilbert est en train de retrouver des couleurs. Je pense que lui et moi serons au même niveau pour la Doyenne.”

Voilà qui promet !



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