Rosseler : “Je n’ose plus frotter”

Julien Gillebert Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Le Wallon souffre pour son retour dans les pelotons et prend son mal en patience

Sébastien Rosseler effectuait hier sa seconde course de la saison, sa seconde depuis huit mois, puisqu’il n’avait plus couru depuis le Tour du Luxembourg, en juin 2011, à cause de nouveaux problèmes de genou, mais aussi une fracture de la clavicule, lors d’une sortie d’entraînement, en janvier.

J’ai repris à Kuurne dimanche” , expliquait-il hier matin, tout en se faisant masser. “Et, pour être honnête, ce n’était vraiment pas gai ! J’avais l’impression d’être bien lors de la reco du Nieuwsblad, mais ce n’était pas le cas à Kuurne. J’ai vite été lâché, dans le Kruisberg. En cyclisme, il n’y a pas de miracle après une si longue absence des pelotons. Mais après avoir été lâché, j’en ai vite eu marre et je n’ai pas eu l’envie, ni la force, de m’accrocher, d’essayer de revenir. Mentalement, ce n’est pas toujours évident.”

Car son énième arrêt, en janvier, lui a mis un coup au moral. “J’avais tellement bossé pour retrouver un bon niveau. Ce nouvel arrêt, avec cette fracture de la clavicule, a été dur à avaler. Après, il a fallu à nouveau se battre, notamment pour ne pas prendre trop de poids. C’est donc dur, pour moi, de positiver, pour le moment.”

Au sein de son équipe Garmin-Barracuda, on comprend ses doutes. Mais on tient à l’encourager. “Pour Sébastien, c’est une période difficile à gérer, après une telle absence” , commente son directeur sportif, Geert Van Bondt. “Il ne doit pas forcer les étapes, prendre les courses au jour le jour. Je suis venu avec lui à cette course du Samyn, on a bien discuté, pour qu’il s’accroche et ne baisse pas les bras. Il va ensuite enchaîner avec les Trois Jours de Flandre Occidentale, Nokere et Waregem pour accumuler les kilomètres et bien revenir. On compte plus sur lui à partir du Tour d’Italie, où il sera très précieux pour Tyler Farrar.”

Pour son retour, Sébastien Rosseler ajoute qu’il n’ose plus trop frotter. “J’ai effectivement envie de prendre moins de risques, un peu comme Amorison, même si je ne suis pas tombé comme lui. Pour moi, c’est un problème, pour les Flandriennes. Car sur ces courses, c’est avant tout une question de placement. Regardez les sept gars qui partent au Nieuwsblad, c’est simple, ce sont ceux qui étaient en tête au pied du Taaienberg.”

Pour ces Flamandes, l’ancien lauréat de la Flèche Brabançonne et des Trois Jours de La Panne devra décrocher sa place pour le Tour des Flandres et Roubaix.

“C’est une erreur d’avoir arrêté à Kuurne, je le sais” , poursuit le Liégeois, qui a bossé pour son équipe, hier (en tête de peloton et en attendant le sprinter Rasmussen, avant d’abandonner). “Car ce n’est pas comme cela que je vais rapidement revenir à nouveau. Cela ira mieux dans un petit peu de temps. Je l’espère. Même si cela ne peut pas être plus mal que maintenant... Je ne suis que réserve pour le Tour des Flandres et pour l’ Enfer du Nord. Ne pas être au Ronde, à la limite, je me dis tant pis, mais Roubaix, là, cela me ferait vraiment râler de ne pas y être.”



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