Cyclisme

Les dix derniers vainqueurs de la Primavera sortaient de Tirreno-Adriatico

envoyé spécial en italie Eric de falleur

SANREMO Il y a un peu plus d’un siècle, le 5 avril 1908, le Flandrien Cyrille Van Hauwaert enlevait en solitaire la 2e édition de Milan-Sanremo. Le premier grand champion du cyclisme belge, vainqueur de nos premières grandes classiques internationales (deux Bordeaux-Paris, Paris-Roubaix et la Primavera ), surnommé le Lion des Flandres , avait effectué 145 km d’échappée, soit la moitié de la course, pour s’imposer.

Pour préparer ce succès, Van Hauwaert avait rallié, en une dizaine de jours, le départ à Milan avec ses équipiers d’Alcyon, à... vélo, effectuant le trajet Paris-Nice, via Lyon, avant de prendre en sens inverse l’itinéraire de la Primavera .

Van Hauwaert avait été un précurseur puisque l’épreuve Paris-Nice n’allait être créée que près de trente ans plus tard. Des années durant, la Course au Soleil servit donc de préparation idéale à la Classicissima , mais ces dernières années, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est plus le cas.

Inexorablement, comme le démontrent les deux tableaux ci-dessous, ceux qui ont brillé ensuite entre Milan et la Riviera sont de plus en plus souvent passés, et aussi en nombre, par les routes de Tirreno-Adriatico, l’autre course à étapes qui sert de tremplin à la Primavera .

Le dernier vainqueur du premier monument de la saison sortant de Paris-Nice, se nomme Andreï Tchmil. C’était il y a onze ans déjà. Depuis lors, les dix derniers gagnants avaient tous disputé la Course des Deux Mers en prélude à la Primavera .

Ils sont seize sur les vingt derniers lauréats, pour trois à Paris-Nice puisqu’en 1991 Claudio Chiappucci sortait, lui, de la Semaine Catalane, courue désormais dans la foulée de Sanremo.

Est-ce à dire que Philippe Gilbert, ou Chavanel, ou les deux Sanchez, voire d’autres encore, n’ont aucune chance de s’imposer samedi ?

Non, évidemment. Il suffit de se souvenir qu’il y a douze mois, Heinrich Haussler sortait de la Course au Soleil (il y avait gagné la première étape) quand il échoua pour quelques centimètres derrière ce diable de Mark Cavendish. Et l’année précédente, Gilbert, troisième derrière Cancellara et Pozzato, venait aussi de la course à étapes française.



© La Dernière Heure 2010