Cyclisme Auteur d’un raid solitaire victorieux, Tim Wellens est prêt pour la Norvège.

S’il le fallait encore, Kevin De Weert s’est rassuré en suivant le GP de Wallonie. Les trois sélectionnés belges pour le Mondial présents y ont démontré leur excellente forme, à dix jours du rendez-vous, avec, à la clé, une superbe victoire pour Tim Wellens. Sans doute le n°4, voire mieux, de notre formation nationale en Norvège, après le tandem Greg Van Avermaet-Philippe Gilbert et Oliver Naesen.

Ponctuant magistralement le travail physique et tactique de son équipe depuis le départ de Chaudfontaine, notamment celui des deux stagiaires, Mathias Van Gompel et Emiel Planckaert, le Limbourgeois s’est imposé au sommet de la Citadelle après un raid solitaire de dix-sept kilomètres. Il faut dire que Wellens, qui avait déjà lancé la finale peu avant avec Jan Bakelants, disposait de deux équipiers dans le groupe de tête de huit hommes qui s’était formé au pied du Tienne aux Pierres, et non des moindres, Tony Gallopin, lauréat sortant, et Tiesj Benoot.

Sur le faux-plat montant qui surplombe la difficile côte, le double vainqueur de l’Eneco Tour allait porter un coup décisif à ses rivaux, Jan Bakelants, Julien Simon, Amund Jansen et le duo BMC Dylan Teuns et Loïc Vliegen, ce dernier victime à ce moment précis d’un incident mécanique.

Wellens mit la suite à profit pour construire un succès qui confirme sa condition.

"J’ai voulu directement prendre l’avantage le plus important pour démoraliser nos adversaires", expliqua-t-il. "Ensuite, j’ai pu gérer tandis que Tony et Tiesj, que je remercie, ont contrôlé derrière. À trois kilomètres de l’arrivée, Marc Wauters (NdlR : le directeur sportif de service chez Lotto-Soudal) m’a félicité. J’ai pu profiter de la dernière montée et savourer ma victoire. Quel contraste avec mon premier Grand Prix de Wallonie, l’an dernier, où je n’étais pas bien du tout. "

Pour l’équipe Lotto-Soudal, c’est la troisième victoire consécutive dans l’épreuve mosane après les succès de Jens Debusschere et Tony Gallopin. Ce dernier allait finir deuxième, derrière son équipier échappé, tandis que Benoot, finalement quatrième, manquait de peu le triplé pour son équipe.

"Au Canada, nous étions déjà tous les trois leaders, mais c’est embêtant comme situation" , expliquait Wellens. "Alors, ce matin (mercredi), j’ai dit que j’avais de super jambes et que je voulais qu’on roule pour moi. Ce n’est pas évident car cela implique que Gallopin et Benoot se sacrifient, ce qu’ils ont fait. Ils ont durci la course, à tel point que, lorsque j’ai attaqué, les autres étaient morts grâce à leur boulot."

Tim Wellens est donc prêt pour le Mondial.

"Je suis très content", disait-il. "J’étais déjà bien au Canada, mais à Montréal, j’avais raté la bonne échappée. Mais j’avais dit à Kevin De Weert qu’il pouvait compter sur moi pour Bergen. Je me suis régulièrement entraîné derrière moto, jusqu’à 270 kilomètres (NdlR : la course en fera 276) et je savais que j’aurais de super jambes pour le Mondial."


Vliegen : "Ah, c’est vraiment râlant !"

Dans la bonne échappée, le Liégeois a été victime d’un ennui mécanique.

Il a fait la course parfaite, Loïc Vliegen. Il n’a pas manqué le coup de bordure sur le plateau entre les côtes de Falaën et d’Ermeton-sur-Biert. Il a ensuite fait le forcing dans la côte de Lustin pour basculer au sommet avec les meilleurs. Avant de mener le train pour Dylan Teuns dans la montée décisive de Tienne-aux-Pierres.

"Malheureusement, j’ai eu un problème de vitesse dans cette côte", regrette le Liégeois de la formation BMC. "Je pense qu’il n’y avait plus de batterie (dans le dérailleur électrique, NdlR) ou que mon dérailleur était cassé. Malheureusement, il n’y avait pas de voiture derrière l’échappée des hommes forts à laquelle j’avais su prendre part."

Sur le mauvais braquet , en pleine finale de course, il n’avait aucune chance de s’accrocher. "Je me suis fait reprendre de groupe en groupe et je me suis retrouvé dans le petit peloton qui arrive pour la septième place, mais ma course était logiquement finie", continue Loïc Vliegen. "Ah ! C’est vraiment râlant ! Après, j’ai encore fait ce que j’ai pu au sprint (il termine dixième, NdlR). Je suis vraiment déçu, car je me suis battu pour bien figurer sur cette course après le Tour d’Espagne. Ce n’était pas évident d’enchaîner, mais j’ai su me glisser dans le groupe de tête. Je ne me sentais pas trop mal, même si je sentais que je manquais de fraîcheur, je sentais la fatigue arriver dans le final. Mais j’étais devant, avec Teuns. Avant d’être victime de cet incident. C’est vraiment dommage."

Il va enchaîner maintenant les épreuves de Koolskamp (vendredi) et la Primus Classic (samedi).