Cyclisme Le Néerlandais est revenu sur le dénouement de l’affaire Froome.

Tom Dumoulin n’est pas adepte de la langue de bois. Dans le jargon journalistique, il est ce que ’on appelle un bon client.

Avant le début du dernier Giro, où le Néerlandais savait qu’il devrait batailler face à Chris Froome, Tom Dumoulin n’avait pas hésité à faire part de sa position claire à propos du contrôle anormal au salbutamol subi par le Britannique lors de la Vuelta 2017. "C’est sa décision de participer. Mon équipe fait partie du MPCC, donc si j’étais dans la même situation que lui, je ne serais pas venu", avait alors commenté le leader de l’équipe Sunweb.

Début mai, Tom Dumoulin avait également pesté contre l’impasse dans laquelle se trouvait son sport. "Ce n’est pas bon pour le cyclisme. Tout le monde, y compris Froome, préférerait entamer le Giro sans doute ni incertitude. S’il gagne le Giro, et que dans quelques semaines il perd son titre, ça ne sera bon pour personne."

Fort heureusement, une destitution de Chris Froome n’aura pas lieu puisque le Britannique vient d’être blanchi par l’UCI. Le leader des Sky conservera son titre obtenu sur les routes italiennes en mai. La situation ubuesque, crainte par Dumoulin début mai, ne se produira donc pas.

Reste que la lenteur de la procédure dans la résolution de l’affaire Froome va laisser des traces durables. Ce que regrette amèrement Tom Dumoulin. "Ce qu’il s’est passé ces derniers jours résume parfaitement la situation stupide du cyclisme. C’est typique de notre sport", a regretté le Néerlandais hier en conférence de presse.

Le vainqueur du Giro 2017 en a également profité pour réhabiliter quelque peu Chris Froome. "C’est quand même incroyable d’en être arrivé là, je ne sais plus quoi penser. On ne peut même pas blâmer Chris Froome, il n’y est pour rien. En tout cas, ce n’est pas bon du tout pour l’image du cyclisme. Je peux comprendre maintenant que des gens puissent nous critiquer et même se détourner du cyclisme."

Ces propos sans concession de Tom Dumoulin doivent amener les institutions du cyclisme à réfléchir. Ils s’ajoutent à ceux de Christian Prudhomme, directeur du Tour, qui indiquait il y a trois jours qu’il fallait "changer les règles".

En attendant de rendre le cyclisme meilleur, Tom Dumoulin va commencer le Tour dans la peau d’un sérieux prétendant. En quatre participations à la Grande Boucle, le leader Sunweb n’a jamais réussi à finir en bonne place au classement général. Mais depuis sa dernière participation il y a deux ans, le Néerlandais a changé de statut.