Tour de France

Le sprint du Britannique fut le seul piment d'une journée bien terne

envoyé spécial en France Philippe Van Holle

ISSOUDUN On a vécu une journée bien monotone, hier, entre Limoges et Issoudun. La grève, à peine perlée, décrétée par le peloton quasi entier, en est incontestablement la raison.

Les organisateurs du Tour voulaient démontrer que la course est bien plus excitante quand les coureurs ne sont pas pilotés par leur voiture et les acteurs de ce Tour se sont attachés, avec une mauvaise volonté évidente, à démontrer le contraire.

Pourtant, les coureurs n'au-ront sûrement pas rechigné au moment d'encaisser les primes du jour, de belles allocations de grève en quelque sorte. Comme quoi, avant d'instaurer une règle, ne fût-ce que pour deux jours, mieux vaut avoir l'accord écrit de toutes les parties.

Lorsque Vaugrenard a lancé son attaque, en début d'étape, le peloton l'a sifflé, raillé, puisque, apparemment, il aurait voulu que tout le monde soit solidaire et que l'étape se dispute en groupe, à un rythme soutenu certes - l'étape a été bouclée à 40,702 km/h - mais sans bagarre. Comme punition, les attaquants récalcitrants n'auront jamais pu prendre le large, de sorte que ces empêcheurs de tourner en rond, ou en peloton, ne puissent jamais envisager de jouer la victoire d'étape.

Pour ne pas léser les spectateurs massés sur la ligne d'arrivée (et tant pis pour ceux qui se trouvaient le long de la route !), les coureurs décidèrent malgré tout de disputer le sprint et, comme c'est devenu une habitude maintenant, c'est Mark Cavendish qui l'a emporté, remarquablement lancé par son équipe. Pour sa troisième victoire d'étape, le Britannique s'est permis le luxe de nettoyer ses lunettes vertes en franchissant la ligne.

"Oh ! c'est juste parce que j'aime la couleur et que je ferai tout pour avoir le maillot qui leur est assorti", disait Cavendish en descendant du podium. "J'ai repris cinq points à Hushovd, qui termine derrière moi. C'est déjà ça. Mais il reste encore quelques belles étapes à gagner. Je dirais entre deux et quatre d'ici à Paris, mais bon, deux, ça me paraît plus réaliste." La faim, dit-on, vient en mangeant et Cavendish est un gros mangeur !



© La Dernière Heure 2009