Tour de France Il refuse de crier victoire, mais Geraint Thomas a fait un grand pas vers un premier succès dans le Tour.

Le doute n’est plus permis : Geraint Thomas deviendra dimanche le vainqueur du 105 e Tour de France. Sauf accident, comme les observateurs disent généralement en pareil cas. Car la défaillance du Gallois, plus personne n’y croit, même si le maillot jaune lui-même en évoque toujours la possibilité mais désormais du bout des lèvres.

Comme pour conjurer le sort. Personne n’imagine encore que le nouveau leader de la Sky puisse tout d’un coup s’effondrer, à commencer par celui qui est devenu ce mercredi son dauphin, Tom Dumoulin, dans une étape ultra courte, mais ô combien difficile, qui aura décanté la situation à défaut de la clarifier définitivement. "Geraint Thomas est jusqu’ici le plus fort de la course, a avoué le Néerlandais. Mais on a vu au Giro que tout est possible." En Italie, Froome avait renversé une situation qui semblait compromise dans l’avant-dernière étape de montagne comme Contador l’avait fait il y a quelques années à la Vuelta. Mathématiquement, tout reste donc possible, mais pourquoi Geraint Thomas perdrait-il du temps vendredi et surtout plus d’une minute (en de ça de cet écart, il aurait course gagnée malgré le chrono de samedi), dans la dernière étape de montagne qui, d’ailleurs, se termine en plaine et pas en altitude ?

"Je pense que je suis dans une bonne position, a avoué le maillot jaune. M ais ça ne change pas l’approche mentale que nous avons de la course, il va falloir continuer à faire tout comme avant et vivre la course au jour le jour. Demain (ce jeudi), c’est plat, mais vendredi, ce sera difficile à nouveau et ensuite il y aura le chrono. Je n’en ai pas peur, au Giro, l’an passé, j’avais perdu 40 secondes dans le long contre-la-montre, mais c’était après avoir lourdement chuté. Je suis dans une excellente situation et, malheureusement, Chris a perdu du temps, mais on court en équipe. C’est notre force, ça nous rend plus forts et confiants."

La journée a d’ailleurs été très profitable au coureur britannique. "La journée a été très bonne pour moi, dit-il encore. Je me sentais bien, j’avais de bonnes jambes, mes sensations se sont améliorées au fil des ascensions et finalement, j’ai gagné quelques secondes, un bon bonus même, malgré les grosses accélérations de Quintana, Martin, puis, plus tard, Roglic et Dumoulin. Le rythme était très élevé dans la côte, mais mes équipiers étaient très forts. Nous avions la chance d’être encore très nombreux dans la montée finale. Tout le monde donne tout ce qu’il peut et c’est pour cela que je suis en jaune. Regardez ce qu’a fait Egan Bernal pendant de nombreux kilomètres, avant d’aider Chris sur la fin. Il court comme un équipier modèle, il gagnera un jour le Tour. Nous sommes aussi honnêtes entre nous. Froome m’a prévenu à la radio qu’il n’était pas au mieux. J’ai pensé que si lui était mal, tout le monde devait l’être. Dumoulin a dû s’en rendre compte et a accéléré. J’aurais pu attaquer Chris mais c’était hors de question. C’est peut-être difficile de croire qu’il y a une telle cohésion entre Chris et moi après ce qu’il y a eu entre Bradley Wiggins et lui, mais nous sommes de bons amis. Entre nous, tout est honnête et ouvert, c’est ce qui explique notre succès."

Ce que Geraint Thomas ne veut pas encore affirmer à propos de lui-même. "Non, je n’y crois pas encore, lâche le coureur de Cardiff. Je veux d’abord récupérer, aller le plus vite possible à l’hôtel, récupérer au maximum et ensuite, je prendrai la course au jour le jour."