Tour de France

Philippe Gilbert n’était pas au mieux hier. Il remet ses ambitions à l’étape de Lisieux, après-demain


BRUXELLES Philippe Gilbert devra donc patienter pour ajouter un deuxième succès d’étape à celui conquis samedi en Vendée. Les conditions semblaient pourtant réunies, hier, y compris une météo favorable aux guerriers, pour que le Liégeois lève à nouveau les bras en vainqueur et fête de la plus belle manière son vingt-neuvième anniversaire.

Seulement, même les scénarios les plus recherchés subissent toujours des modifications ou des imprévus, petits ou grands, qui peuvent avoir d’énormes conséquences.

D’abord, l’équipe Omega Pharma-Lotto a perdu directement un des précieux éléments du groupe, Jurgen Van de Walle, insuffisamment rétabli des deux chutes qu’il a subies, d’abord au championnat de Belgique, puis, surtout, lors de la 1re étape. Sans le Flandrien pour mener la poursuite derrière les cinq échappés qui amusèrent le tapis sur les routes bretonnes détrempées, c’est toute la formation qui fut désorganisée.

“C’était une journée très difficile”, confiait Gilbert, “avec la pluie dès le début. L’échappée a très bien géré son effort. On a pris la chasse en main, mais ils ralentissaient tout le temps et dès qu’on revenait un peu, ils embrayaient. D’autant qu’ils avaient le vent dans le dos. On a dû sacrifier l’équipe et on s’est retrouvé un peu à court dans le final.”

Là, un premier problème de communication a eu de sérieuses suites.

“Au pied de la côte, Jelle Vanendert allait trop vite”, poursuivait le numéro 1 mondial. “Je lui ai crié de ralentir, mais à cause des cris et du bruit de la foule, il ne m’a pas entendu et a poursuivi son effort. Ça m’a cassé les jambes.”

Le Liégeois ne cherche pas d’excuses. Après s’être changé, il finira par avouer : “Je n’étais pas dans un grand jour”, reconnaissait-il. “C’était normalement une arrivée pour moi. Là, j’étais un peu à bloc à la sortie de la partie raide quand Contador a attaqué. Si j’avais eu les mêmes jambes que samedi, j’aurais pu le contrer. J’étais à 98 %, mais pour gagner au Tour, il faut être à 100 %.”

Sur sa science de la course, le Liégeois aurait peut-être pu s’en sortir quand même. Il aurait dû, pour cela, s’écarter aussi quand Evans laissa filer Van den Broeck qui menait le groupe de tête et s’apprêtait à lancer le sprint de son partenaire. VDB n’avait pas démarré, mais un trou de quelques mètres s’était produit derrière lui. Au lieu de le boucher et d’entamer un sprint pour lequel il n’était pas armé comme il l’aurait aimé, le Wallon aurait dû récupérer et profiter du travail de l’un ou l’autre de ses adversaires. Ou se réjouir du succès que Van den Broeck aurait éventuellement conquis…

“Quand il s’est lancé”, se défendait Gilbert, “il ne m’a rien dit. C’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup, je croyais qu’il m’emmenait le sprint...”

Le Liégeois sera débordé et finira 5e. Pas une mauvaise affaire dans la perspective du maillot vert, alors qu’il a perdu celui à pois rouges.

“Evans était très fort quand il a lancé le sprint aux 250 m”, dit-il. “Il peut partir de loin, comme ça, comme il l’avait fait dans une étape de Tirreno. Il a fallu un grand Contador pour presque le remonter.”

Gilbert se tourne vers l’étape de Lisieux, ce jeudi.

“On va voir selon la météo ce qui se passe demain (aujour- d’hui), dit-il car ce pourrait ne pas être si facile, avec la pluie et sans doute du vent.”



© La Dernière Heure 2011