Tour de France Le Gallois sait que s’il conserve son maillot jaune sur la difficile étape de ce vendredi, il aura alors course gagnée.

"Je crains le pire, mais j’espère le meilleur." Le cou encore mouillé par la moiteur d’une journée qu’il avait traversé sans la moindre anicroche, Geraint Thomas résumait jeudi en une savoureuse punchline l’enjeu de la journée de ce vendredi. Dernière journée de montagne de cette 105e Grande Boucle, la 19e étape reliant Lourdes à Laruns (200,5 kilomètres) proposera les mythiques ascensions du Tourmalet et de l’Aubisque. Un terrain aux allures d’ultime piège pour le Gallois.

"Je m’attends à être attaqué dès le kilomètre zéro, analysait le coureur du Team Sky. Cela ne m’étonnerait pas non plus de voir Tom Dumoulon tenter une grande manœuvre à la moitié de l’étape par exemple. Cette journée constituera assurément l’un des plus grands défis de ma carrière, mais il ne me fait pas peur. Nous sommes suffisament armés pour maîtriser les événements. J’espère ne pas avoir besoin de son soutien, mais le simple fait de savoir que Chris (Froome) est disposé à se mettre à mon service en cas de besoin constitue, en soi, une forme d’atout psychologique. La perspective du chrono de samedi, pourrait toutefois réfreiner certaines vélléités. Je crois que ceux qui se lanceraient dans une importante débauche d’énergie sur les ascensions pyrénéennes pour y gagner deux à trois minutes savent aussi qu’ils s’exposeraient alors à un retour de manivelle le lendemain…"

Vainqueur du contre-la-montre inaugural du Tour en 2017, à Düsseldorf, Thomas, lui, ne tremble pas à l’évocation du chrono de samedi et des 31 kilomètres qui relieront Saint-Pée-sur-Nivelle à Espelette.

"Certains m’ont déjà rappelé que j’avais perdu une cinquantaine de seconde sur Tom Dumoulin lors d’un chrono du Giro 2017, souriait le maillot jaune. C’est une vérité, mais il faudrait peut-être la compléter en précisant que j’avais été victime d’une grosse chute la veille sur la route du Blockhaus… Le chrono est un exercice dans lequel je me sens bien. J’ai d’ailleurs remporté le championnat de Grande-Bretagne de la spécialité juste avant le Tour. Une victoire qui m’a gonflé d’une bonne dose de confiance. Je n’ai pas abandonné mes qualités de rouleur pour me muer en bon grimpeur." L’Aubisque a donc tous les contours d’une dernière montagne.