Tour de France

Cavendish et ses hommes ont surpris tous les favoris, sauf Armstrong

Galerie spéciale 3e étape

Visitez notre module Tour de France

Le Tour à Blog


Envoyé spécial en FRANCE ERIC DE FALLEUR

LA GRANDE MOTTE Quarante et une secondes perdues à la Grande Motte en valent 41 perdues au Ventoux. Ou ailleurs ! Rien ne sert de reconnaître les étapes de montagne du Tour si l'on galvaude des occasions comme celle provoquée par l'é-quipe Columbia.

On attendait soit à un nouveau sprint massif, soit une finale chahutée par les cassures. On a eu les deux à La Grande Motte ! Les partenaires de Cavendish ont donné aux favoris du Tour une nouvelle leçon !

"Ce fut une course de juniors" , disait, d'ailleurs, un Mark Cavendish hilare, "personne ne voulait rouler, tout le monde pensait sans doute au chrono par équipes..." Alors, à trente kilomètres de l'arrivée, tandis qu'ils étaient occupés à fondre sur les quatre malheureux qui avaient ouvert toute l'étape sous la canicule, les équipiers du Britannique décidèrent d'accélérer la cadence.

Leur coup de force fit souffler un bon vent de panique sur le peloton. "On s'est rendu compte qu'il y avait un gros coup à jouer, que le vent changeait de côté, on était tous devant et on a accéléré ", expliquait Maxime Monfort, tombé dans les bras de ses équipiers les uns après les autres. "Finalement, on avait plus de chance de gagner aujourd'hui (hier) que le chrono de demain. Je me suis donné à fond, ce n'est qu'à six ou sept kilomètres que j'ai pu constater quels dégâts nous avions provoqués."

L'issue de l'étape ne faisait guère de doute. Comme la veille, Cavendish se montra le plus rapide. Seul Hushovd garda le sillage du Britannique. "Martin puis Renshaw m'ont très bien emmené ", expliquait le maillot vert. "Après, c'était facile."

À ceux qui pensent que les efforts consentis hier par les Columbia, pour un gain modéré, se paieront peut-être aujourd'hui, le vainqueur de l'étape rétorqua : "Eux derrière, comme nous devant, ont dû rouler et, la différence, c'est que nous, nous avons gagné !" Il n'a pas tort, les effets de l'étape d'hier sont aussi psychologiques. Un seul des vainqueurs possibles du Tour, Lance Armstrong, figurait dans le premier groupe.

Le Texan a infligé un camouflet à tous ses adversaires, Sastre, Evans, Menchov, les Schleck, Kreuziger et... Contador ou Leipheimer, ses équipiers. Pour l'Espagnol, l'histoire se répète. À Paris-Nice, il avait été piégé pareillement le deuxième jour vers Vichy, par un coup de bordure, initié cette fois par les Rabobank.



© La Dernière Heure 2009