Tour de France

Geraint Thomas a fait coup double, mais le nouveau maillot jaune se refuse à exiger le leadership de la Sky.

Directeur sportif du Team Sky, Nicolas Portal fêtait le doublé de ses hommes à la Rosière à sa façon : en avalant un Haribo à sa descente de voiture. "L’émotion que j’ai vécue aujourd’hui n’est pas loin de celle que m’a procurée Froome lors de son solo sur le dernier Giro ", souriait le Français."Nous n’avions pas prévu de manœuvrer comme cela mais quand des opportunités s’offrent à nous, il faut pouvoir les saisir. Après que Kwiatkowski a assuré un gros tempo, certains rivaux pour le général ont fléchi; Froomey et G (Thomas) ont su prendre les choses en main. L’initiative ne venait pas de moi, ce sont les coureurs qui ont décidé de passer à l’offensive. Le bilan de la journée est évidemment excellent. On dit et répète depuis plusieurs jours que les choses sont très claires dans l’équipe. Il y a un leader, Froome, et un backup, Thomas. L’un a déjà accompli beaucoup de choses, et l’autre découvre la lumière. Il n’est pas question de choisir entre les deux tant que nous pourrons les supporter de la même manière."

"Chris reste notre meilleure carte"

Le coup double réussi au sommet de La Rosière par Geraint Thomas, victorieux de l’étape et désormais en jaune, n’a pas bouleversé la hiérarchie au sein de l’équipe Sky.

Le Gallois l’a dit et répété, dès sa première interview quelques minutes après qu’il a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée dans la station savoyarde. "Chris Froome est le leader de notre équipe car il a gagné six grands Tours", a dit le successeur de Greg Van Avermaet en tête du classement général. "Pour moi, une course de trois semaines est une inconnue. Ce matin (hier), Dave (Brailsford, le manager de la formation britannique) nous a dit que l’objectif principal était de passer l’étape sans encombre et, si possible, de gagner du temps si une opportunité se présentait."

Thomas ne l’a pas laissée passer, augmentant de quelques secondes son avantage sur Chris Froome. "Je l’ai vue", continua le récent vainqueur du Dauphiné. "J’ai couru à l’instinct, lorsque j’ai compris que je pouvais revenir sur Dumoulin et ensuite gagner l’étape en passant Nieve. Quoi qu’il se passe désormais dans le Tour, cette course restera pour moi un succès. Je suis très, très heureux de cette victoire et si je peux en plus terminer sur le podium final du Tour, ce sera formidable. Cependant, le but principal reste que nous le gagnions et, pour atteindre cet objectif, Chris (Froome) reste notre meilleure carte."

Le nouveau porteur du maillot jaune

Et de continuer: "L’étape n’a pas été facile", disait-il encore. "Surtout quand Valverde a attaqué. Il nous a mis en difficulté et sérieusement sous pression. Quand on a su qu’il avait plus d’une minute trente d’avance, nous avons dû réagir et ensuite Dumoulin est sorti. Derrière eux, nous avons travaillé en équipe, ce qui est toujours notre force. Chez Sky, il n’y a pas d’ego. Nous travaillons collectivement et très bien. C’est la dynamique de notre équipe qui l’exige. Parfois, cela peut avoir l’air facile ou ennuyeux, mais pour nous, l’important est d’arriver au Tour dans une excellente condition physique. Pour cela, nous passons beaucoup de temps loin de la maison et de nos familles, mais c’est cet entraînement rigoureux qui nous permet d’être performants."

Après deux jours de montagne, seulement, Tom Dumoulin semble le dernier adversaire des Sky. " Il est très bien, mais avec lui, Nibali et les Movistar sont nos rivaux principaux", poursuivit Thomas. "Dumoulin a montré qu’il avait les jambes mais il a déjà eu une grosse saison, il faut voir ce qu’il lui reste comme réserve après avoir couru le Giro. Bien sûr, Chris était également en Italie, mais il est habitué à enchaîner les grands Tours. On l’a vu l’an dernier, il a gagné le Tour puis la Vuelta. Peut-être que Froomey est moins diminué que les autres par l’accumulation des efforts. Je ne sais pas si Dumoulin a autant de vécu en cette matière."