Tour de France Victime d’une défaillance dans la montée du Portet, Bardet a vu le podium s’envoler et se concentrera désormais sur une victoire d’étape.

Le regard hagard caché par ses larges lunettes fumées, Romain Bardet zigzaguait mercredi soir au moment de rejoindre le bus de la formation AG2R, stationné à huit kilomètres du sommet du col de Portet. Victime d’une défaillance dans l’ultime ascension d’une étape qu’il espérait utiliser comme un tremplin vers le podium, l’Auvergnat a dégringolé à la huitième place du classement général et sait qu’il ne connaîtra pas cette année les honneurs de la cérémonie protocolaire sur les Champs-Élysées. "Cela a été une journée terrible", soufflait le Français derrière la ligne. "J’avais de bonnes sensations jusqu’à la montée finale du col de Portet. J’ai alors connu une terrible défaillance et ai eu un gros manque de sucre. J’ai alors commencé à avoir de forts maux de tête, et il m’était impossible d’accélérer. C’est difficile à accepter, mais c’est la loi du sport…"

Une froide vérité d’autant plus cruelle que celui qui avait pris la troisième place finale la saison dernière et la seconde un an plus tôt s’était mis à rêver de jaune. "Nous n’avons peut-être pas clamé haut et fort cet objectif, mais l’ambition était bel et bien de batailler pour le maillot jaune", commentait Vincent Lavenu, le manager de l’équipe AG2R-La Mondiale. "La chute est donc brutale, mais il nous faut l’accepter. Romain a énormément travaillé pour ce rendez-vous, l’équipe a beaucoup investi dans cette perspective, et il est donc logique que cela ne soit pas facile à digérer. Mais je suis persuadé que Romain saura rebondir."

Le classement général semble ainsi ne plus constituer la priorité dans les rangs de l’équipe AG2R-La Mondiale. "Il reste une belle étape de montagne vendredi entre Lourdes et Laruns (NdlR : avec, entre autres, le Tourmalet et l’Aubisque au menu) et je suis persuadé que Romain aura à cœur de batailler dans cette perspective. Il nous faudra analyser les éventuelles erreurs commises mais la plus grossière serait de tout jeter au soir de cette contre-performance. Le sport n’est pas une science exacte, vous savez…"