Tour de France Geraint Thomas se refuse à crier victoire, mais le plus dur est fait pour le Gallois.

Geraint Thomas s’élancera ce samedi pour le contre-la-montre le plus important de sa carrière avec un avantage supérieur à deux minutes sur son plus proche poursuivant. Pour autant, le Gallois se refuse à crier victoire.

Cette fois, on peut dire que c’est dans la poche, non ?

"Je n’ai pas encore gagné le Tour, il reste une dure journée. Mais je suis content d’avoir passé cette difficile étape. J’essaie de ne pas penser à la suite, de prendre les étapes l’une après l’autre. Je me sens bien, je sais que je dois faire un bon chrono. Au Giro, l’an dernier, j’avais perdu un peu de temps (NdlR : 49 secondes sur Dumoulin sur 39 km), mais je venais de chuter lourdement (il allait abandonner à cause de ses blessures trois jours après). Ce contre-la-montre va être dur, ça monte et descend sans arrêt. Il y a quatre côtes, dont la dernière est la plus dure. Après le Dauphiné, nous sommes venus le reconnaître. On l’a fait trois fois, on le fera encore demain matin. C’est un grand défi, mais je suis confiant."

Êtes-vous prêt pour ce qui, ce samedi, peut devenir un moment magique ?

"J’espère être capable de bien dormir et bien récupérer, c’était une très difficile journée ce vendredi. Je suis heureux d’avoir rempli cette case aussi. Je me retrouve maintenant dans la même situation qu’à la veille de la finale des Jeux Olympiques de Londres (NdlR : où le Gallois était devenu champion olympique pour la deuxième fois, après Pékin, au sein de la formation de Grande-Bretagne de poursuite par équipes) où j’avais aussi ressenti une grande tension nerveuse. Mais au Tour de France, les difficultés sont disséminées sur le parcours, un peu partout. Tout va se jouer demain. Il faut que je récupère et ce qui arrivera, arrivera…"

On vous a vu toute l’étape dans la roue de Tom Dumoulin, c’était votre tactique ?

"Oui, il était notre premier adversaire, notre plus grande menace. Puis, au cours de l’étape, on s’est rendu compte que Roglic était le plus fort. J’ai alors utilisé à mon avantage de rester dans la roue de Dumoulin, qui a dû rouler derrière Roglic et boucher les trous. Ça a vraiment très bien marché."

Dans le dernier col, l’Aubisque, vous vous êtes retrouvé seul, sans équipier. Étiez-vous inquiet ?

"Ma principale obligation, c’était de suivre Tom. J’étais confiant de pouvoir répondre à chacune de ses accélérations. Je n’étais pas particulièrement stressé mais, c’est vrai, ce n’était pas très bon d’entendre à la radio que Froomey avait des difficultés. Heureusement, à ce moment, les autres n’ont pas accéléré ou n’ont pas collaboré et Chris a pu revenir, mais ça a été une journée difficile."

Ces dernières années, pour Bradley Wiggins et ensuite pour Chris Froome, il y a eu beaucoup de discussions et de spéculations à propos des autorisations à usage thérapeutique. Y a-t-il des choses que nous devrions savoir sur vous ou sur Sky à ce propos ?

"Que puis-je vous répondre ? L’équipe et moi faisons les choses comme il le faut. On s’entraîne super dur, je ne peux rien prouver. Seulement continuer à bien faire les choses et notre palmarès résistera au temps. Vous voyez comment notre équipe est forte. Michal Kwiatkowski est un coureur qui gagne des classiques et le Mondial, Wouter Poels a aussi enlevé de grandes courses. Chris Froome et moi, vous nous connaissez. Egan Bernal, c’est sans doute le plus grand talent, le plus formidable grimpeur qu’on a découvert et qui sera là pour longtemps. Luke Rowe, Jonathan Castroviejo, Gianni Moscon, quand vous additionnez la puissance et les watts de tous ces coureurs, ça fait une équipe phénoménale. Vraiment très forte, mais aussi avec l’expérience et des têtes solides. C’est pour cela qu’aujourd’hui, comme les autres jours, nous n’avons jamais paniqué. Nous montrons bien comment nous travaillons en équipe. Nous travaillons très, très dur et si la malchance ne vient pas contrecarrer nos plans, cela paie. Je n’ai rien à dire de plus."

Si tout se passe bien d’ici à Paris, vous vous attendez à une réception particulière au Royaume-Uni et chez vous, au pays de Galles ?

"Non, franchement, je n’y ai pas du tout pensé. J’ai pris les choses jour après jour. Je suis resté dans ma bulle à être en tête d’un classement général d’un grand Tour. C’est quelque chose qui peut paraître à peu près normal pour le Team Sky, mais c’est quand même le Tour, donc c’est difficile de défendre le maillot jaune. Nous y sommes habitués et cette habitude m’a permis de rester dans ma bulle et quand elle éclatera, ce sera un choc mais avant d’y penser, j’ai encore une journée à passer pour conserver le maillot jaune après le contre-la-montre. On a encore un autre très, très dur jour, avant de gagner le Tour."