Tour de France Maillot jaune au matin de l’arrivée sur les Champs Elysées, le Gallois n’a pas trébuché sur le dernier piège de ce Tour

Dans le ciel chargé d’Espelette, le cri poussé par Geraint Thomas samedi au moment de franchir la ligne d’arrivée du chrono était si puissant qu’on aurait pu croire à un coup de tonnerre. Muré dans une forme de stoïcisme qui semble être érigé en vertu au sein du Team Sky, le Gallois a enfin laissé entrevoir ses émotions.

En avance aux deux premiers pointages intermédiaires, le double champion olympique de la poursuite avait levé le pied dans la dernière partie de cette 20e étape pour assurer chaque virage et ne plus prendre aucun risque dans un contre-la-montre qu’il bouclait à la troisième place.

"J’ai laissé s’écrouler en une seconde la carapace que je m’étais construite depuis près de deux semaines maintenant. Pour ne pas me laisser envahir par le stress, je m’efforçais vraiment de vivre au jour le jour. Je viens de l’école de la piste et j’y ai appris à ne jamais perdre de vue l’objectif assigné. Lorsque vous restez dans un vélodrome pendant plusieurs heures entre deux courses, il faut savoir demeurer concentré…"

Maillot jaune au matin de l’arrivée finale sur les Champs Elysées, Thomas semblait encore peiner à réaliser la portée de son exploit et de son nouveau statut.

"Je n’ai jamais cherché à prendre le leadership à Chris et ne pense toujours pas que je suis le nouveau boss du Team Sky. Froomey reste assurément l’un des meilleurs spécialistes des grands tours dans l’histoire du cyclisme. Son palmarès parle d’ailleurs pour lui. Nous nourrissons une sincère relation d’amitié et nous savions que ce serait la route qui déciderait du nom du vainqueur. Nous avons parfois évolué dans un contexte hostile, mais je ne voudrais pas oublier de remercier nos supporters français. La course nous oblige à rester enfermé dans un tunnel, on se met alors en mode machine."

Vainqueur du dernier Critérium du Dauphiné, Thomas n’avait jusqu’ici jamais fait montre de son talent sur une épreuve de trois semaines puisque son meilleur résultat sur une épreuve de trois semaines restait une 16e place sur le Tour en 2016. "Ma capacité à évoluer durant 21 jours au plus haut niveau constituait, pour moi aussi, un point d’interrogation. Cette performance m’apporte un élément de réponse intéressant pour les prochaines années (rires)."