Tour de France

Le Gallois Geraint Thomas (Sky) a revêtu samedi le premier maillot jaune du Tour de France après sa victoire dans le contre-la-montre de Düsseldorf, où son coéquipier Chris Froome a d'ores et déjà pris position.

Thomas s'est montré le plus rapide sur le parcours détrempé de ce "chrono" de 14 kilomètres, marqué par la chute et l'abandon de l'Espagnol Alejandro Valverde.

Des favoris, Froome a réalisé -et de loin- la meilleure opération. Sixième, à 12 secondes seulement de son coéquipier, il a distancé de plus de trente secondes l'Australien Richie Porte et les autres prétendants au podium.

Outre le temps concédé, le Colombien Nairo Quintana a perdu un précieux coéquipier en la personne de Valverde, troisième du Tour 2015.

Le vétéran espagnol (37 ans) a chuté dans un virage à angle droit, où Tony Gallopin s'était retrouvé à terre lui aussi quelques minutes plus tôt. Mais, à la différence du Français, le Murcian n'a pas pu se relever.


Une cascade de chutes s'est produite (Groenewegen, G. Bennett, Durbridge, etc) sous la pluie redoublant en fin de course. Du coup, des candidats à la victoire d'étape ont dû redoubler de prudence, tel le Néerlandais Jos van Emden, septième du "chrono" après avoir négocié lentement les virages.

Le favori du jour, l'Allemand Tony Martin, a échoué une nouvelle fois dans le premier "chrono" du Tour. Le champion du monde de la discipline a dû se satisfaire de la 4e place, à 8 secondes de Thomas et à 3 secondes de l'espoir suisse Stefan Küng (23 ans), deuxième de l'étape. Côté belge, Philippe Gilbert (Quick-Step Floors) s'est classé 21e à 30 secondes du vainqueur. Belle performance aussi de Tim Wellens (Lotto Soudal), 24e à 32 secondes. Greg Van Avermaet (BMC) est 39e à 42 secondes.

La pluie, annoncée par la météo, s'était invitée depuis la matinée à Düsseldorf, dans un contexte de menace terroriste permanente qui donne lieu à des mesures de sécurité maximales. Mais, le public, s'il est venu en foule, n'a pas été aussi nombreux que lors des départs fameux de Londres (2007), Rotterdam (2010) ou encore Utrecht (2015).

La nouvelle ministre française des Sports, l'ancienne championne d'escrime Laura Flessel, a assisté au "chrono". Elle avait annoncé auparavant la reconduction du dispositif adopté l'an passé pour traquer la triche technologique. Autrement dit, les caméras thermiques du centre de recherche du CEA (commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) qui peuvent "flasher" un vélo équipé d'un moteur.

Thomas, 31 ans, a revêtu le premier maillot jaune de sa carrière. Double champion olympique sur piste (poursuite par équipes en 2008 et 2012), le Gallois a gagné Paris-Nice en 2016.

Aligné avec le statut de leader au dernier Giro, il avait dû abandonner vers la mi-course à cause d'une chute. Son équipe s'est félicitée du résultat d'ensemble de ce "chrono". A l'exemple de Froome qui a levé les doutes éventuels sur sa forme. "J'ai beaucoup travaillé le contre-la-montre ces trois dernières semaines, après le Dauphiné. Et ça m'a souri, j'ai fait un bon temps", s'est réjoui le triple vainqueur du Tour.

Dimanche, la deuxième étape relie l'Allemagne à la Belgique, de Düsseldorf à Liège. Le parcours suit une boucle dans la vallée de Neander (où furent trouvés au XIXe siècle les ossements de l'homme de Néandertal) puis rejoint Liège pour une arrivée promise aux sprinteurs.

La pluie a rendu le contre-la-montre dangereux

La pluie a rendu samedi le parcours du contre-la-montre du Tour de France dangereux. Nicolas Roche, Sam Bennett, Tony Gallopin et Dylan Groenewegen ont chuté. Les Espagnols Alejandro Valverde (Movistar) et Ion Izaguirre (Bahrain Merida) ont abandonné. Les Belges se sont montrés très prudents.

"Ce n'était pas très amusant avec la pluie", a déclaré Jens Keukeleire, 96e à 1:04.. "J'avais reconnu le parcours par temps sec et je l'avais trouvé beau. Mais avec la pluie, il m'est apparu tout à fait différent. Les coureurs visant le classement peuvent peut-être prendre des risques. Je ne l'ai pas fait. Un chrono est toujours difficile, mais encore plus la pluie".

"La route était vraiment dangereuse. Vous arrivez à pleine vitesse dans les virages. J'ai glissé à deux reprises parce que je suis entré trop vite dans le virage', a reconnu Julien Vermote, 80e à 58 secondes. "Cela a de quoi vous faire peur. Du coup, j'y suis allé plus calmement. Cela aurait été dommage de chuter ici. Dans ce cas, vous perdez beaucoup de temps; sans compter que l'on peut s'occasionner des blessures, qui risquent de conditionner les prochaines étapes".

"A l'échauffement, j'ai glissé quelques fois et cela a donc généré une certaine crainte en moi", a raconté Tim Wellens, 24e cependant, à 32 secondes du Britannique Geraint Thomas (Sky) premier maillot jaune. "Je n'ai donc pris aucun risque tout au long de la course. Le Tour est encore long. Pour les favoris, c'est une autre affaire. Mais pas au point de prendre des risques inconsidérés dans les virages pour réussir un bon temps".

"C'était mouillé et glissant. Herman Frison m'a prévenu une première fois à l'inscription. Juste avant le départ, il m'a dit que je devais faire attention. Je l'ai écouté. Pour moi, le Tour commence dimanche", a décrété Tiesj Benoot, 123e à 1:15.

"Au départ, je voulais réussir un bon temps. Mais lors des quatre derniers kilomètres, je me suis rendu compte que j'étais trop court pour cela. J'ai alors roulé à mon rythme", a regretté Jurgen Roelandts, 87e à 1:00. "Dans la dernière ligne droite, j'ai manqué de puissance mais c'était un bon exercice de sprint que de devoir négocier ces virages. Je n'ai jamais vraiment glissé à cause de la pluie parce que j'ai fait attention. Je n'ai pas pris les virages à 110 pour cent. D'ailleurs, personne ne l'a fait".

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