Tour de France

L'insatiable attaquant a enfin décroché son étape

Envoyé spécial en France Eric De Falleur


La 5e étape du Tour en images

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PERPIGNAN Il y a de fortes chances pour que le succès de Thomas Voeckler, obtenu hier à Perpignan au terme d'une échappée de 173 km, ait fait l'una- nimité dans le peloton. L'ancien champion de France est un infatigable attaquant, doublé d'un vrai gagneur. À force d'essayer, le coureur de Bouygues devait bien, un jour, décrocher la timbale quand bien même son palmarès recense une belle liste de succès.

"Je cours après depuis longtemps, mais je ne suis pas une superstar", expliquait celui que l'on surnomme Titi depuis que ce natif d'Alsace partit vivre à six ans aux Antilles, au divorce de ses parents, sa maman anesthésiste et son père médecin. Revenu en Métropole à quinze ans, Voeckler émigra dans les Pays de Loire, à Nantes, puis en Vendée.

Tout naturellement, il passa pro en 2001 dans l'équipe de Bernaudeau à laquelle il offrit un premier grand moment, il y a cinq ans. À Chartres, Voeckler intégra une échappée au long cours. 4e de l'étape, il porta le maillot jaune dix jours. On se souvient de son geste de bonheur au Plateau de Beille où, pour 22 secondes, il avait conservé le maillot, cédé le lendemain à... Armstrong.

"Je ne suis pas un coureur du Tour, mais pour les gens, ces dix jours en jaune ont tout changé", expliquait-il hier. "Cela restera sans doute le plus grand moment de ma carrière. À l'époque, je ne l'ai pas mesuré vraiment. Aujour- d'hui, et je veux en remercier les spectateurs, j'ai été le plus encouragé de l'échappée. Vous ne pouvez pas savoir le nombre de Thomas que j'ai entendu crier."

Une fois encore, le Vendéen (il vit dans le petit village de Mouilleron-le-Captif, à cinq kilomètres de La Roche-sur-Yon) n'hésita pas à tenter sa chance.

"Ce matin, Cancellara m'avait dit que son équipe ne travaillerait pas", disait-il encore. "Il savait bien à qui il disait ça. Nous, nous savions que nous n'allions pas là pour faire de la télé. Pourtant, je n'y ai jamais cru. À 35 km, le peloton était revenu à 50 secondes, c'était la franche bagarre, mais le vent nous a aidés. En plus, avec Hutarovitch, nous étions battus au sprint et puis, cela a enfin rigolé. Mon épouse, Julie, était là depuis le début du Tour, avec notre fils, Mahé, qui a sept mois. Malheureusement, elle est rentrée cet après-midi chez nous. Elle doit être dans l'avion à l'heure qui l'est et ne sait pas que j'ai gagné."



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