Tour de France

On lui a parlé de l’étape de mercredi et le maillot jaune, perdu, ne pouvait pas répondre…

PAU David Braislford, on le sait, a adopté pour son équipe Sky une approche nouvelle, sensiblement différente de celles qu’on retrouve généralement dans le peloton.

Il a ainsi révélé dernièrement avoir amené ses coureurs à travailler avec un psychiatre, avec lequel ils pouvaient aborder tous les sujets qu’ils jugeraient nécessaires. Peut-être ce spécialiste a-t-il trouvé le moyen de déstresser Bradley Wiggins d’une manière pour le moins originale.

À Liège, le leader de la formation britannique s’était, par exemple, laissé aller à raconter qu’il était certes allé s’entraîner dans bon nombre de cols à franchir durant cette édition, mais qu’il ne savait ni dans quel ordre ni dans quelles étapes le Tour les aborderait… Non sans un certain humour, il avait ajouté qu’il les reconnaîtrait certainement une fois qu’il serait dedans !

Cette façon de faire avait certes fait rire tout le monde, sauf les anciens coureurs, qui interprétaient cela comme un manque de connaissance des traditions cyclistes somme toute assez typique de la mentalité britannique.

Le monde du vélo est, en effet, on ne peut plus conventionnel et les anciens ont généralement bien du mal à accepter les nouveautés; alors vous imaginez ce que cela peut donner quand le team Sky opte pour une approche quasi révolutionnaire du Tour ! Le doute, voire la suspicion naissent alors, de manière parfois vraiment exagérée.

Toujours est-il que Wiggins a de nouveau surpris son auditoire, hier, après la course quand on lui a demandé de faire une sorte de préanalyse de ce qui pouvait se passer dans l’étape de mercredi, laquelle se présente quand même comme la grande étape pyrénéenne par excellence, comportant les ascensions de l’Aubisque, du Tourmalet, de l’Aspin et de Peyresourde.

“Euh! vous savez, je n’ai pas encore regardé le livre de route”, dit le Britannique presque gêné. “Je vous l’ai déjà expliqué à Liège, c’est une manière pour moi de repousser la pression. Je ne regarderai pas le profil de l’étape de mercredi avant ce mardi soir, tout comme je n’analyserai le profil de celle de jeudi avant mercredi soir. C’est ainsi que je procède. Et puis, si je regarde trop tôt, j’oublie une série de détails. Rassurez-vous, toutefois, il y a des gens qui font tout cela pour moi chez Sky.”

Étrange façon de procéder quand même, s’étonnera plus d’un observateur. Qu’il annonce cela au début de l’épreuve, passe encore, mais que le maillot jaune du Tour n’ait pas jeté un coup d’œil aux étapes pyrénéennes quelques jours à peine avant de les aborder, il faut malgré tout le faire !

Respectons cependant sa méthode. Après tout, pour le moment, elle fonctionne plutôt bien. Nous serions bien les derniers à tomber dans ce conformisme qui sévit, encore et toujours, dans le monde de la Petite Reine...



© La Dernière Heure 2012