Cyclisme

En 1997, c'est à nouveau le dopage qui a remporté le Tour de France


BERLIN Jan Ullrich, star déchue du cyclisme allemand, a eu recours au dopage pour remporter le Tour de France 1997, rapporte l'hebdomadaire allemand Focus dans son édition de lundi, en s'appuyant sur des confidences du mentor d'Ullrich, le Belge Rudy Pevenage.

Le magazine Focus a eu accès aux enregistrements de conversations entre Pevenage et Jef d'Hont, l'ancien soigneur de l'équipe Telekom qui avait révélé au printemps que l'utilisation de l'EPO était généralisée dans la formation allemande dans les années 1990.

Selon Focus, Pevenage a admis en mars durant une conversation avec d'Hont, enregistrée à son insu, qu'Ullrich avait eu recours au dopage quand il a rejoint Telekom en 1996: "C'est aussi comme cela qu'il a gagné le Tour, non?"

D'Hont a renchéri: "Oui et il aurait déjà pu gagner le Tour l'année d'avant", ce à quoi Pevenage a répondu: "C'est clair".

Les enregistrements mettent également en avant le rôle de Pevenage pour organiser le dopage à l'EPO dans les années 1990, puis le dopage par transfusion sanguine dans les années 2000.

Pevenage a également reconnu que tous les coureurs de l'équipe savaient que des opérations de dopage avaient lieu en son sein.

Seul Allemand à avoir remporté le Tour de France, Ullrich a toujours nié s'être dopé: il a mis un terme à sa carrière en février après son implication dans l'affaire Fuentes, du nom du médecin au coeur d'un réseau de dopage sanguin démantelé par la police espagnole.

D'Hont avait révélé au printemps avoir lui-même injecté de l'EPO à Ullrich en 1996: la publication de l'autobiographie de l'ancien soigneur avait lancé l'affaire Telekom. Les anciens coureurs de l'équipe, comme le Danois Bjarne Riis, vainqueur du Tour 1996, et l'Allemand Erik Zabel, avaient reconnu s'être dopés.