Cyclisme Marc Madiot s'est confié sur le cyclisme contemporain, bourré de technologies avec notamment l'omniprésence des oreillettes dans le peloton et des capteurs de puissance. 

Patron de l'équipe Groupama-FDJ, Marc Madiot était l'invité de la capsule "Bistrot Vélo" de nos confrères d' Eurosport. " Tout ce qui est assistance technique apportée au coureur se fait au détriment de la qualité de base du coureur" regrette-t-il d'emblée.

" Philippe Gilbert a ce sens de la course que d'autres n'ont pas [mais] à partir du moment où on donne le moyen aux plus faibles de compenser, on met tout le monde au même niveau et ce n'est pas bien."

Si Madiot ne se dit pas opposé aux capteurs à l'entraînement, il ne comprend pas et refuse leur omniprésence en situation de course. " C'est comme à l'école, au moment de réciter la leçon, [on n'a plus son livre]". 

Et d'appeler à un retour de l'imprévisibilité de la course d'antan. " Il faut redonner de la spontanéité et de l'initiative aux coureurs. C'est en cela qu'un Philippe Gilbert est désavantagé par rapport à ses propres qualités."

Ancien coureur cycliste, celui qui a toujours dirigé l'emblématique FDJ ne voudrait pas remonter sur un vélo dans un peloton à cette époque. " Les coureurs sont obnubilés et quand on me demande si je voudrais être coureur aujourd'hui, je dis 'non'."

Le patron d'équipe conclut sur la façon dont les courses sont modélisées dès le départ. "Entre 80 et 90 pour cent du peloton sait ce qu'il va faire de sa journée chaque matin" en fonction des portions de la course sur lesquelles rouler et de la puissance en watts à développer.