Cyclisme

Frank Vandenbroucke victime d'un certain isolement mais affûté

ROCHEFORT Flash-back. Championnat de Belgique 98 à Knokke. Axel Merckx joue son va-tout et s'enfuit seul sur un terrain qui ne lui convient pourtant guère. Une attaque surprenante et tranchante qu'un homme parviendra à réduire à néant : Frank Vandenbroucke, qui ramènera le groupe au terme d'un effort impressionnant. Dimanche, l'homme s'est retrouvé dans la même situation, flanqué de Verbrugghe. Tout aussi volontaire, il a cependant trop tardé et a dû se contenter d'un rang de vice-champion. "Beaucoup de coureurs Mapei se trouvaient encore dans la finale, là où je me suis retrouvé un peu seul", jugeait-il. "Nico Mattan avait déjà beaucoup donné. Il m'aurait fallu quelqu'un pour tenter de limiter l'écart à 20 ou 30 secondes. Une minute, c'était beaucoup, surtout avec Museeuw dans le groupe."
Si Peter Farazijn avait déjà accompli sa tâche en intégrant l'échappée principale, Chris Peers ne put, en effet, ni servir les desseins de son leader, ni défendre ses chances, impliqué dans la chute du 8e tour et conduit vers l'hôpital.

Une défaite sportive néanmoins compensée par un succès moral et la démonstration que la condition est bel et bien au rendez-vous: "Il s'agit d'un beau vainqueur. Quant à moi, si je suis logiquement déçu, je ne m'estime pas encore à 100 % de mes possibilités mais j'affiche un bon état de fraîcheur après ces 240 kilomètres."
En clair, après avoir travaillé calmement au Tour de Suisse, sans donner un coup de pédale de trop, le leader de Cofidis s'est testé sérieusement : la jonction de l'échappée opérée quelques hectomètres avant le peloton, après avoir jailli brusquement, et un baroud d'honneur, trop tardif. VDB se présentera donc au départ du Tour de France dans une forme proche d'un rendement maximum, qu'il atteindra vraisemblablement en cours d'épreuve.
Ceux qui doutaient encore hier peuvent se rassurer: le Ploegsteertois paraît en mesure de renouer avec un succès qui le boude depuis la Vuelta 99, à Avila.