Cyclisme

Notre compatriote Sander Armée (Lotto-Soudal) a remporté la dix-huitième étape du Tour d'Espagne (WorldTour) disputée jeudi entre Suances et Santo Toribio de Liébana (169 km). Le Kazakh Alexey Lutsenko (Astana), 2e à 31 secondes et l'Italien Giovanni Visconti (Bahrain-Merida), 3e à 46 secondes, complètent le podium de l'étape.

Le maillot rouge, Chris Froome (Sky), est parvenu à contenir les assauts de ses principaux concurrents sans perdre la moindre seconde. Il a même au contraire accentué de 21 secondes son avance sur son dauphin Vincenzo Nibali (Bahrain Merida).

Après de multiples tentatives en début de course, un groupe de 20 coureurs est parvenu à s'extirper du peloton. Parmi les 20 fuyards, se trouvaient notamment Sander Armée (Lotto-Soudal), les coureurs de la formation Quick-Step Floors Matteo Trentin et Julian Alaphilippe, Alexis Gougeard (AG2R), Alexey Lutsenko (Astana), Matej Mohoric (UAE Team Emirates), Alessandro De Marchi (BMC), Giovanni Visconti (Bahrain-Merida) ou encore ceux de la Movistar José Joaquín Rojas et Marc Soler. Jamais inquiétés par le peloton, les hommes de tête ont compté une avance maximale de 13:01 à moins de 50 kilomètres de l'arrivée.

Dans la deuxième difficulté du jour, la Collada de Ozalba (Cat.3), Fabio Aru (Astana), neuvième du général à 6:45 de Froome, s'est échappé pour tenter un coup de force en solitaire. Quelques instants plus tard, l'entente en tête de course a été bousculée par une attaque d'Alexis Gougeard et de Sander Armée dans la Collada de la Hoz (Cat.2), rapidement rejoints par Soler, Alaphilippe et Lutsenko au sommet.

A 10 kilomètres du terme, le Belge s'est retrouvé en tête de la course en compagnie du Français de Quick-Step Floors et de Lutsenko, tous deux déjà vainqueurs d'étape sur le Tour d'Espagne 2017.

Au pied de l'ultime ascension, l'Alto de Santo Toribio de Liébana (Cat.3), Armée et Lutsenko ont entrepris de distancer Alaphilippe pour se disputer la victoire finale. Une étape finalement remportée par le Louvaniste de 31 ans, qui glane ainsi son tout premier succès WorldTour.

Au général, Chris Froome, arrivé 23e à 10:08 du vainqueur, a encore un peu plus distancé Nibali, 28e à 10:29, lâché dans la dernière difficulté. Le Britannique consolide ainsi son leadership au classement général. Nibali est désormais à 1:37.

C'est la deuxième victoire d'un coureur belge sur le Tour d'Espagne 2017, après le succès d'Yves Lampaert lors de la deuxième étape. La formation belge Lotto-Soudal remporte également sa troisième victoire sur les routes espagnoles grâce au doublé de Tomasz Marczynski.

Vendredi, une nouvelle étape de moyenne montagne, longue de 149,7 kilomètres, attendra les coureurs entre Caso. Parque Natural de Redes et Gijón. Le Tour d'Espagne prendra fin dimanche à Madrid.

"Enfin un vrai titre"

Sander Armée (31 ans) a décroché le plus prestigieux succès de sa carrière en remportant jeudi la 18e étape de la Vuelta. "Oui, j'ai remporté la Flèche de Heist et le Tour de Bretagne, mais c'est la première victoire au plus haut niveau. J'ai dû attendre longtemps mais j'y suis arrivé", a expliqué le coureur Lotto-Soudal.

Armée en est à sa 8e saison chez les pros. "Je suis passé près plusieurs fois, j'ai travaillé pour l'équipe mais sur la Vuelta, j'ai cette opportunité d'avoir plus de liberté et de faire ma course", a raconté Armée. "C'était ma troisième échappée, je me sentais de mieux en mieux au fil de l'étape et j'y suis allé à fond dans la dernière montée. Dans la deuxième ascension, j'ai déjà commencé à attaquer parce qu'on avait une belle avance sur le peloton mais l'entente n'était pas optimale. Il y avait trop de 'suceurs' dans le groupe de tête. C'était aussi beaucoup trop tôt. Il valait mieux attendre"

"Lorsqu'Alexis Gougeard a accéléré dans l'avant-dernière ascension, j'ai sauté dans sa roue. On avait un petit écart sur d'autres coureurs, qui nous ont rejoints dans la descente. Je savais que j'allais placer mon attaque suivante dans le morceau de faux plat".

Armée se méfiait surtout d'un coureur: Julian Alaphilippe. "Il restait dans les roues. Il disait qu'il n'avait pas de bonnes jambes et qu'il ne pouvait plus passer de relais mais on ne sait jamais parce que c'est un très bon finisseur. Je savais que je devais le lâcher".

Par contre, Alexey Lusenko l'a suivi. "J'étais conscient que j'avais ma chance parce que je me débrouille bien sur ce genre de final. J'ai imposé mon propre rythme dans les derniers kilomètres. J'ai effectué toute la montée avec un grand développement et cela a marché".