Petit champion ou champion d’un petit championnat ?

Philippe Lacourt Publié le - Mis à jour le

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Édito

Peut-on réellement considérer un club champion à deux journées de la fin comme un champion par défaut

BRUXELLES Le champion a toujours raison ! C’est vrai. Et cette vérité devrait suffire à résumer la saison d’un Sporting qui a atteint son objectif prioritaire : remporter un 31e titre. Ce qui lui fait, soit dit en passant, un 9e titre pour les 20 dernières saisons, soit quasiment un titre tous les deux ans. Pas mal pour un club que l’on dit aux abois sur le plan financier et qui a été éjecté, sur la scène européenne, du peloton des riches. Mais, et cela s’est encore vérifié hier à travers un non-match, surtout sur le plan qualitatif, Anderlecht ne pourra empêcher le spectateur neutre de crier bien haut qu’il est un petit champion. Et cela essentiellement parce qu’il a cafouillé son football tout au long de ces playoffs, et ce en raison de son incapacité, particulièrement à domicile, à gérer la pression liée à la course au titre.

Une première partie de saison brillante

Mais étiqueter de la sorte le Sporting c’est, aussi, faire injure à son parcours, plus brillant celui-là, lors de la phase classique et, surtout, ce n’est pas tenir compte de son bilan, extrêmement positif, forgé face aux clubs qui se sont avéré ses principaux rivaux pour le sacre. C’est, encore, passer sous silence ce 18 sur 18 obtenu en poule européenne, même si l’AZ, par après, allait briser d’un coup le moule européen auquel les Anderlechtois s’étaient remis à croire. Bref, comme cela s’est surtout vérifié lors des playoffs, il y a eu du mauvais dans cet Anderlecht titré pour la 31e fois, mais plus encore du bon, comme lorsque le trio Jovanovic-Mbokani-Suarez parvenait encore à tirer tout le groupe vers le haut et, ainsi, à offrir ce spectacle tant attendu de la part d’un candidat au titre. Tout, par après, c’est vrai, s’est gâché, à commencer par le spectacle et la qualité technique affichée par une équipe dont trop d’acteurs étaient minés par le stress. Alors, au lieu de parler d’un petit champion, si on parlait plutôt du champion d’un petit championnat ?


© La Dernière Heure 2012

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