Formule 1 L’Espagnol a reçu des propositions de deux teams.

Après le coup de la panne d’essence car il refusait de rouler à l’économie, le bris de moteur car il roulait en course en mode qualifs pour disposer d’un regain de puissance, Fernando Alonso qui, de l’aveu même de son écurie, est devenu "totalement ingérable", a renoncé en Belgique pour un problème imaginaire. Après un excellent départ le propulsant de la 11e à la 7e place, l’Espagnol s’est ensuite fait remonter par ses concurrents le doublant un à un dans la montée vers les Combes avec une facilité déconcertante.

De quoi démoraliser complètement le Catalan qui a visiblement préféré jeter le gant, prétextant un souci que n’auraient pas détecté les ingénieurs.

"Mais il n’y avait rien au moteur", a déclaré le responsable du motoriste nippon, Yuseke Hasegawa. Le seul problème en fait est que la MCL32 rendait 20 km/h en ligne droite à ses concurrents… Et ce week-end, sur l’autoroute de Monza, cela s’annonce encore pire pour Alonso qui devrait encourir à son tour des pénalités pour changement de groupe propulseur et s’élancer en fond de grille après avoir tiré son équipier belge en qualifications.

Du coup, furieux, le Matador, qui a reçu deux propositions pour 2018, de Renault mais aussi de Williams-Mercedes (avec tout de même un petit salaire de 25 millions à la clé), a fait savoir que "cela avait assez duré. Cela ne peut plus continuer comme cela. Je peux m’imaginer de continuer avec McLaren, l’une des plus grandes équipes de F1, mais plus avec Honda", a-t-il confié en gros, excédé, à la presse espagnole.

Le message est clair. Après avoir annoncé une évolution 4 pour Francorchamps (qui n’est jamais venue), les Japonais promettent une SPEC5 pour Suzuka. Mais plus personne n’y croit. Et il sera sans doute trop tard…

"Notre priorité aujourd’hui est de conserver Fernando Alonso", nous a précisé à Spa Eric Boullier qui a également réaffirmé à un collègue : "Notre châssis est le 4e meilleur. Les chiffres le prouvent. Avec un moteur Mercedes, on serait deux secondes plus rapides."

Il faut donc trouver un autre motoriste. "Regardez un peu la McLaren", nous a discrètement glissé à l’oreille un dirigeant d’une équipe concurrente. "Elle roule avec beaucoup trop d’appui. Ce n’est pas étonnant qu’ils soient aussi lents en ligne droite et aussi rapides en courbes. Cela ressemble presque a du sabotage."

On s’est effectivement déjà demandé à plusieurs reprises s’ils ne le faisaient pas exprès de perdre des points. Avec des mauvais pitstops, des stratégies foireuses… On ne connaît bien sûr pas les termes du contrat liant McLaren à Honda mais il doit y avoir des clauses de résultats. Et plutôt qu’un divorce qui risquerait de leur coûter très cher, les dirigeants de McLaren préféreraient sans doute qu’Honda se fasse hara-kiri, parte la tête basse, en leur payant un gros dédit leur permettant de s’offrir un Renault.

Car de sources sûres, quoi qu’en disent publiquement les dirigeants des deux entités, les négociations avec le motoriste français se poursuivent en coulisses. L’idée consisterait en un échange de moteur entre Toro Rosso et McLaren. Mais pas sûr que la perspective de voir un autre team de pointe disposer du même moteur client qu’eux enchante vraiment Red Bull . Même si à Milton Keynes on fait déjà mieux qu’à l’usine d’Enstone… Quoi qu’il arrive, on devrait désormais être fixé dans les semaines qui suivent. Mais il semble de plus en plus certain que, de plus en plus souvent de mauvaise humeur, le fier Fernando Alonso ne rempilera pas une 4e année dans la même galère. Même pour un salaire annuel de 40 millions d’euros.

Si McLaren n’a pas d’autre choix que de poursuivre avec les Nippons, Nano pourrait donc prendre une année sabbatique et laisser sa place à son compatriote Carlos Sainz Jr, plus en odeur de sainteté chez Toro Rosso où l’on s’apprête à confirmer l’arrivée de Pierre Gasly, le dernier champion de GP2.

Stoffel Vandoorne, lui, pendant ce temps, fait le dos rond et laisse passer la tempête. Quel que soit le nom de son motoriste ou de son équipier, le Belge, continuant calmement à mordre sur sa chique, roulera pour McLaren en 2018.