Formule 1

La véritable raison d’une comparaison de plus en plus difficile avec Fernando Alonso.

En signant l’exploit de la séance d’essais du GP d’Espagne, Fernando Alonso, une demie seconde plus rapide que son équipier en Q1 et finalement septième sur la grille, a donné une grande baffe à Stoffel Vandoorne, décevant dix-neuvième.

« Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, » expliquait notre compatriote, l’air dépité. « Hier tout allait bien mais depuis ce matin j’ai perdu la confiance. J’ignore pourquoi mais je n’ai pas réussi à suivre le rythme de Fernando. Je vais devoir analyser les données ce soir.»

Les deux équipiers ne disposeraient-ils à nouveau pas de la même spécification de la MCL32 ? « Je vous jure que les moteurs sont les mêmes, » nous a confié en aparté Yuseke Hasegawa, le représentant de Honda. Comment alors expliquer une différence de 20 km/h dans le deuxième secteur ? « Peut-être le vent ? » tente le motoriste.

Non, la double explication est ailleurs : « Le radar du 2ème secteur est situé sur un freinage et l’adhérence augmentant au fil de la séance, les pilotes freinaient de plus en plus tard, » nous explique Eric Boullier. « Il est donc normal qu’il y ait une grande différence entre la vitesse à cet endroit des pilotes passés en Q3 et de ceux restés en Q1. »

Mais comment alors expliquer que Fernando soit passé si facilement en Q2 puis en Q3 et que Stoffel soit resté, pour la cinquième fois de la saison, bloqué en Q1 en rendant plus d’une demie seconde à son team-mate (en Q1) ? « La raison est très simple et Stoffel le sait très bien, » nous a glissé, en tête-à-tête, le directeur sportif de McLaren. « Le problème pour les « rookies » issus des catégories Junior, c’est le freinage. Il est habitué à freiner très tard et à rentrer dans les virages sur les freins, comme en GP2. Il fait ce qu’il a appris en GP2, avec ART. Mais la F1 se conduit différemment. Il doit changer son style de pilotage, on lui a dit. Mais cela va venir, j’en suis sûr. »

Voilà une révélation et une bonne explication technique sur la difficulté qu’à en ce moment notre ambassadeur et grand espoir pour rivaliser avec son double champion d’équipier. Soyons sûr qu’il ne tardera pas à s’adapter et à freiner… plus tôt pour relâcher également la pédale de freins plus tôt…