Formule 1

A Sotchi, en Russie, lors du quatrième Grand Prix de la saison 2017, la Formule 1 s’est offert un nouveau vainqueur.

Et pourquoi ne serait-il pas un champion du monde en puissance ? Valtteri Bottas n’a peut-être pas le look d’une star de la F1 mais son implication professionnelle, sa constance, son apprentissage permanent et sa culture de la course l’ont conduit vers les sommets. Encore lui fallait-il la bonne voiture au bon moment et là, les remerciements du Finlandais iront au fils d’un autre Finlandais, Nico Rosberg. L’an dernier, une fois le titre en poche, Rosberg prit tout le monde de court en annonçant que son titre était synonyme de retraite. Après avoir connu une saison moralement infernale, Nico Rosberg voulait retrouver les siens et de héros de la course, il se mua en étoile de sa famille. Valtteri Bottas est donc passé par là au bon moment. Encore fallait-il prendre les devants sur un circuit où la pole peut être déterminante. Et, malheureusement pour lui, il y avait un « mur » de Ferrari devant lui.

De fait, Vettel et Räikkönen étaient en première ligne. Tenez-vous bien, ce n’était plus arrivé depuis le Grand Prix de France 2008, il y a 9 ans déjà, lorsque Räikkönen, déjà lui, prit le départ devant son équipier Massa. L’envol du Grand Prix de Russie 2017 se joua en deux temps puisqu’une voiture de sécurité fut déployée lorsque Grosjean entraîna Palmer dans sa chute. En matière d’abandons, ils avaient déjà été devancés par Fernando Alonso qui ne parvint même pas à démarrer sur la grille. Il avait abandonné sa voiture dans une zone non sécuritaire, ce qui justifia l’organisation d’un deuxième tour de formation. Victime d’une perte de puissance, la McLaren Honda d’Alonso fit peine à voir. Et évidemment, on se mit à imaginer que Stoffel Vandoorne n’irait pas loin. En tout cas, sur ce circuit où il vaut mieux partir devant plutôt qu’englué au sein du peloton, Valtteri Bottas avait accompli le principal. Il mena la course devant Vettel, Räikkönen, Hamilton et, après un seul arrêt aux stands pour les quatre mousquetaires, c’est exactement l’ordre où l’on retrouva les héros en fin de parcours. Le Grand Prix, néanmoins, avait été plaisant à suivre. On sait désormais que le titre se jouera entre ces quatre leaders même s’il reste un petit doute quant à la position future des Red Bull. Elles feront bien l’un ou l’autre coup d’éclat mais, à notre estime, elles ne se battront pas pour la couronne cette année.

Daniel Ricciardo a d’ailleurs eu tout le temps de songer à son avenir puisque, victime de problèmes de freins, il renonça rapidement. La course s’anima en fin de parcours lorsque Vettel décida de revenir aux basques de Bottas. L’avance du Finlandais avait été de quatre secondes en moyenne mais tout d’un coup, Vettel monta sur ses grands chevaux. Il revint à moins d’une seconde et le DRS aurait pu l’envoyer à l’assaut de Bottas mais Massa bloqua quelque peu « Baby Schum ». Instantanément, il perdit une once de terrain et se fâcha tout rouge sur Massa qui ne commit aucune faute. C’était de bonne guerre puisque le Brésilien ne voulait pas mettre sa neuvième place en péril. Bottas enleva donc, lors du 81e Grand Prix de sa carrière, son premier triomphe dans la formule reine du sport automobile. Le résident monégasque passa par la Formule Renault, la Formule 3 Euroseries et le GP3, championnat qu’il conquit en 2011.

Il oublia l’étape du GP2, devint pilote de réserve chez Williams en 2012, effectua de nombreuses séances d’essais libres à la place de Bruno Senna et fut titularisé par Frank Williams en remplacement du même Bruno Senna pour la saison 2013. Il y apprit son métier durant quatre ans, avant de toucher le Nirvana du doigt, lorsque Rosberg, à la surprise générale, s’en alla sous d’autres cieux. A bientôt 28 ans, il a battu Vettel et laminé le tandem Räikkönen-Hamilton qui avait déjà tout perdu lors des premiers hectomètres. Aujourd’hui, Bottas est troisième du championnat avec 63 points pour 86 à Vettel et 73 à Hamilton. Tout reste donc à faire. Mais on attend quand même une réplique cinglante de Lewis Hamilton. Il joua petit bras en Russie et fut le premier des caïds à ne pas monter sur le podium. Bizarre, bizarre. Verstappen, cinquième, prit le meilleur sur les deux Force India du tandem Perez-Ocon et sur la Renault de Hulkenberg, encore meilleur depuis le début de cette saison. Les derniers points au championnat du monde furent pour Massa et Sainz, impeccables de bout en bout.

Stoffel Vandoorne, jusqu’au-boutiste

Chacun son tour. A Bahreïn, Stoffel Vandoorne fut obligé d’abandonner le baquet de sa McLaren Honda peu avant le départ et, cette fois, ce fut au matador Alonso d’arrêter son taureau de pacotille juste avant le moment de pénétrer dans l’arène. Cela pourrait être comique si ce n’était catastrophique d’autant que cette situation semble être éternelle puisque les ennuis succèdent aux problèmes, apparemment sans solution. Pour avoir changé des pièces sur un moteur et aussi un bloc complet, Stoffel Vandoorne fut rétrogradé de 15 places sur la grille de départ. La belle affaire ! 

Nous ne sommes plus à l’époque où il y avait le double de voitures en Formule 1 et donner comme sanction une rétrogradation de 15 places sur la grille de départ est d’un ridicule absolu quand on est seizième sur une grille de vingt. Vous l’avez compris, notre compatriote est parti dernier mais à la régulière, il s’est défait des deux Sauber d’Ericsson et de Wehrlein, ce qui lui permit de s’accrocher à la 14e place. Il l’occupa de bout en bout et signa le meilleur résultat possible de sa McLaren Honda. 

Tout cela est clairement triste et affligeant, tant pour le double champion du monde espagnol que pour celui qui représentera la Belgique au firmament de la F1 même si cela ne se produira évidemment pas cette année. Commentaire de Stoffel : « J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour ramener la voiture à l’arrivée mais, hélas, sans être compétitif. ll y a quand même quelques bonnes nouvelles. J’ai accompli 300 kilomètres en une fois, les datas vont pouvoir être analysés et cette fois-ci, je n’ai pas connu de problème de moteur comme cela m’est déjà arrivé diverses fois cette année. On a accompli le Grand Prix en gérant les pneus et le carburant, c’était le maximum que nous pouvions faire. Il y a beaucoup de travail qui nous attend. »

L’apprentissage du discours contenu et convenu se poursuit. Mais que voulez-vous qu’il dise d’autre ?

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