Le succès de Rosberg booste Schumi

Olivier de Wilde Publié le - Mis à jour le

Formule 1

Le vétéran allemand sait maintenant qu’il a les moyens de viser une 92e victoire

SAKHIR Cinq jours à peine après son premier succès en F1 à Shanghai, Nico Rosberg se retrouvait soudainement au cœur de toute l’attention hier dans le paddock de Sakhir, là même où il a démarré sa carrière en F1 voici six ans.

Pour Mercedes revenu en F1 il y a deux ans dans le but de gagner, pour Ross Brawn à la base du projet (les monoplaces portant son nom, titrées en 2009, sont les ancêtres de la W03) comme pour le pilote allemand, ce succès est une véritable délivrance. Le point de départ aussi d’une nouvelle aventure.

Que peut désormais espérer la firme à l’étoile ?

“Nous restons les pieds bien sur terre”, affirme Norbert Haug, le directeur sportif de Mercedes. “Ce n’est pas parce que nous avons gagné dimanche dernier avec vingt secondes d’avance que nous allons d’office remettre cela ce week-end. La piste et surtout la météo seront différentes.”

“Il est clair que la température relativement basse nous a aidés en Chine, comme le fait de partir devant, de pouvoir éviter le trafic”, embraye l’ingénieux Ross Brawn soulignant que sa W03 s’est imposée sans utiliser son double DRS. “Cela reste un atout pour la qualification. Au-delà de cela, nous pensons avoir trouvé les réglages pour ne plus trop dégrader nos pneus Pirelli.”

Bon perdant, ne jetant pas la pierre à son équipe après l’erreur d’un mécanicien fixant mal sa roue, “Schumi” a participé de bon cœur à la fête de Shanghai.

“Je suis vraiment très heureux pour Nico et pour l’équipe. Ils ont tous les deux faits du super boulot”, a déclaré le septuple champion du monde âgé de 43 ans. “Mais je suis surtout très content de savoir que je ne suis pas revenu pour rien. Après deux années difficiles, j’ai enfin retrouvé une monoplace avec laquelle je vais pouvoir me battre pour les podiums et la victoire. Je suis persuadé que mon tour viendra.”

Quatrième en qualifications à Melbourne, troisième en Malaisie et troisième à Shanghai (il s’était élancé en 1re ligne suite à la pénalité encourue par Hamilton), Michael attend son 156e podium en F1 depuis plus de deux ans. Il l’aurait certainement signé en Chine sans une erreur humaine. “C’est la course”, philosophait-il, peu verni en ce début de saison avec un seul point marqué en trois courses. “Ce n’est que partie remise.”

S’il paraît définitivement trop vieux pour décrocher un 8e titre, une 92e victoire serait aujourd’hui synonyme de retour réussi. Et pourrait inciter le parrain du Mercedes Junior Team (il sera à Hockenheim le week-end prochain pour le lancement du DTM) à prolonger avant la fin de l’année son bail d’un ou deux ans. Après son premier succès depuis Fangio il y a 57 ans, une victoire de l’icône Michael Schumacher constituerait assurément un événement tout aussi historique pour Mercedes. Pour cela, le dieu allemand devra à nouveau réussir à battre l’ange Rosberg qui, sans piloter une Red Bull, avait des ailes en Chine.



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