Monaco, plus que jamais la loterie

O. d.W. Publié le - Mis à jour le

Formule 1

Une douzaine de candidats potentiels au gros jackpot du casino royal

MONACO Sixième escale d’un Championnat du Monde de Formule 1 plus imprévisible et ouvert que jamais, le Grand Prix de Monaco promet du très beau spectacle ce week-end dans les rues dorées de la Principauté.

Alors que l’on a vu jusqu’ici cinq pilotes et cinq marques différents triompher lors d’un début de saison passionnant, tout pronostic fiable pour la course de dimanche se révèle hasardeux.

Alors quel numéro sortira gagnant à la roulette du grand casino monégasque? Même les devins en perdent leur latin.

Sur le papier, au moment d’aborder des premiers libres traditionnellement disputés ici le jeudi, ils sont au moins une douzaine à pouvoir prétendre à décrocher la palme d’or au Festival de Monaco. Dix jours après le dernier succès surprise de la Williams de Pastor Maldonado en Espagne, même le jeune Australien Daniel Ricciardo, lauréat ici en Formula Renault 3.5 en 2010, espère “un petit miracle” pour faire triompher sa Toro Rosso. On croit rêver. Peut-être le coup de pouce du destin viendra-t-il du ciel, la météo étant plus qu’incertaine sur la Côte d’Azur pour la fin de semaine.

“On ne sait plus à quoi s’attendre dans cette saison folle”, résume très bien Stefano Domenicali, le directeur sportif de Ferrari. “Il n’y a plus de hiérarchie bien établie. Cela change tout le temps. On ignore si l’on jouera la pole samedi où si l’on sera éliminé en Q2.”

“Quiconque fait des pronostiques pour le moment peut rapidement devenir dingue”, estime, pour sa part, Martin Whitmarsh, le patron de McLaren. “Il n’y a plus de favori.” Ce qui nous vaut “certainement la plus belle saison depuis 20 ans”, s’enthousiasme l’ex-pilote de Grand Prix Jaime Alguersuari. “On doit réapprendre la F1” , embraye Dieter Mateschitz, l’homme qui s’est vu pousser des ailes en mondialisant la potion magique Red Bull. “C’est devenu une loterie. Personne ne comprend vraiment les pneus. La clé du succès, c’est d’en changer au meilleur moment. La stratégie est prépondérante.”

Si certains se plaignent de cette trop grande incertitude et estiment que Pirelli est allé trop loin dans la dégradation volontaire de ses pneumatiques pour augmenter le spectacle, Kimi Raikkonen, lui, considère que c’est l’interdiction depuis 2010 des ravitaillements en essence qui a changé la donne et relancé le suspense. “On doit à nouveau rouler avec le plein et des monoplaces beaucoup plus lourdes. Le problème de la dégradation difficilement prévisible des gommes serait le même avec des Michelin ou des Bridgestone.”

En attendant de retrouver aujourd’hui les enveloppes super tendres proposées par Pirelli, la F1 a de nouveau la cote. Les audiences ne cessent de grimper.

De leur côté, les ingénieurs et grands tacticiens n’auront pas trop d’un jour off de plus pour se creuser les méninges. Car en Principauté, les paramètres dont il faut tenir compte sont encore plus nombreux. Outre les pneus, il faudra gérer un stress accru sur une piste ne pardonnant pas le moindre écart et le trafic, dépasser sur ce tourniquet relevant de la mission quasi impossible. Contrairement à la majorité des autres circuits, la qualification revêtira toute son importance. Pour se donner le plus de chance de décrocher le jackpot, une seule stratégie: signer un tour parfait et la pole samedi après midi.

Mais bien malin qui peut prédire aujourd’hui le nom de celui qui réalisera ce tour de magie. Depuis le début de l’année, les courses ne sont plus gagnées d’avance. Mais si la F1 est devenue une loterie, on ne triomphe jamais à Monaco par hasard...



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