Football Nikolo-Uryupino est un minuscule village situé entre le centre de Moscou et Dedovsk, ville où se trouve le centre d'entraînement des Diables rouges durant ce Mondial. On y trouve l'hôtel où est concentrée la majorité des journalistes qui suit les Diables rouges, dont les cinq envoyés spéciaux de la DH.

Après la remontada des Diables contre le Japon, nous voulions demander aux locaux ce qu'ils ont pensé de ce match à suspense. Mais entre ceux qui n'ont pas vu la rencontre, ceux qui n'ont pas réussi à lire notre petit message en cyrillique, préparé à l'aide de Google Translate, et ceux qui se renfermaient sur eux-mêmes après avoir lu le mot "journaliste", ce ne fut pas simple d'en savoir plus sur l'intérêt des moscovites pour les Diables rouges.

Finalement, le seul habitant de Nikolo-Uryupino qui a bien voulu nous répondre l'a fait en Anglais. Ce qui représente une sacrée prouesse pour un Russe. Mais dès que nous lui avons demandé de le filmer, il nous a rétorqué gentiment, comme s'il devait expliquer à un enfant de 7 ans pourquoi il était important d'avoir de bons points à l'école: "Ici, vous n'êtes pas au bon endroit pour filmer les gens..." 

L'intéressé, âgé d'environ 25 ans, nous a donc dit quelques mots hors caméra sur l'engouement du village pour ce Mondial: "Beaucoup de gens ne s'intéressent qu'à la Russie, et encore... personnellement, j'aime bien le foot et j'apprécie ce Mondial car il est fait de surprises, avec entre autres les éliminations de l'Allemagne, l'Argentine et maintenant l'Espagne. Mais pour vous répondre à propos de la Belgique: je ne m'enthousiasme que très peu pour les autres équipes que la Russie. Cela dit, j'ai justement regardé le match avec un ami japonais. C'était drôle car il devenait fou sur chaque touche de balle niponne. Le déroulement du match était surprenant mais je ne peux pas vous dire si ce retournement de situation fait de la Belgique un adversaire potentiel pour les Russes..."

Cinq minutes plus tard, le garçon nous rattrapait avec un air déterminé: "Au fait, pourquoi tu m'as demandé mon nom avant de poser tes questions ? Ah bon, tu ne m'as pas demandé mon nom ? Je peux réécouter ton enregistrement ?" Une fois chose faite, il s'est excusé: "Désolé, j'étais sûr de t'avoir dit mon nom. C'est mieux que tu ne le communiques pas..."

Nous ne saurons donc jamais à qui nous avons eu à faire mais sa paranoïa a quelque peu déteint sur nous, pour le coup...