Football En marge du match d'hier soir, les dirigeants d'Anderlecht se penchent plus que jamais sur leur futur centre de formation

CRACOVIE Avouons-le avec beaucoup de sincérité: le centre de formation de Neerpede, c'est un peu le monstre du Loch Ness du Sporting d'Anderlecht. Depuis une dizaine d'années, quand les dirigeants sont à court d'imagination, ils relancent l'idée de réformer de fond en comble leur école des jeunes. À la longue, on commençait à douter du sérieux de leur projet. Mais cette fois, les choses semblent vraiment bouger. En tout cas, les pontes du club sont désormais capables de donner des chiffres, des dates et des objectifs quand ils évoquent le sujet. «Acheter un attaquant? Notre priorité, c'est Neerpede, explique Roger Vanden Stock. Un transfert comporte toujours un risque plus ou moins grand. L'argent que nous investirons dans l'école des jeunes sera à coup sûr bien placé.»


Inspirés par l'éclosion des gamins dans le noyau A, les dirigeants veulent poursuivre leur action. Et une réforme est nécessaire. Entre Baseggio et Kompany, aucun véritable produit du club n'a percé sérieusement en équipe première. Et le Clabecquois entame sa 8e saison en D 1.

«Cette fois, les choses avancent, explique Philippe Collin, le Secrétaire général. Nous peaufinons les derniers détails du projet et notre volonté est d'aller de l'avant le plus possible.»

Des délais concrets? Tout dépend des subsides et des moyens disponibles, mais Philippe Collin se jette à l'eau. «Nous présenterons le projet en novembre. Il y aura la demande de permis de bâtir, l'enquête publique, la commission de concertation. Dans un an, j'espère que les travaux commenceront. La 1re phase, selon nos estimations, demandera 270 jours ouvrables de travaux. Autrement dit nous serons opérationnels en janvier 2006. Si tout va bien...»

Le coût? 10 millions d'euros

En tout, le Sporting envisage six phases pour la construction d'un centre de formation complet, avec le transfert de toute la partie sportive de son activité du stade à Neerpede, la création de sept terrains et d'un internat de 24 chambres (c'est la dernière phase).

«Nous avons beaucoup voyagé en Europe pour visiter des écoles de jeunes, poursuit Collin. À Manchester, à Twente, à Lens, à Arsenal, etc. Nous avons tenté de glaner de bonnes idées un peu partout. Encore aujourd'hui (NdlR: lisez hier) j'ai eu une réunion avec les kinés pour mettre certains détails au point à propos de ce qu'ils attendent et espèrent d'un tel centre.»

Le coût d'un projet de cette envergure? À Anderlecht, on parle de 10 millions d'euros. En espérant que les subsides des différents niveaux de pouvoir interviennent pour environ 40% de cette somme. À ce niveau, Michel Verschueren veut jouer un rôle. «Si je peux encore apporter quelque chose au Sporting, ce sera dans ce dossier. Anderlecht a un gros rôle social à Bruxelles et est quasi le seul club sportif professionnel de la capitale. Je crois que nous pouvons légitimement attendre un geste des politiques...»

Le reste de la somme, 6 millions environ, sera à la charge du club. Un montant lourd qui oblige les dirigeants à faire preuve d'imagination. «J'espère qu'une partie sera payée par le sponsoring», ajoute Collin.

La volonté de la direction est de laisser le ticketting, la comptabilité et le service commercial au stade et de transférer le reste à Neerpede.

© Les Sports 2003