Football Les Gunners vont-il franchir un cap symbolique, dimanche, à Manchester?

BRUXELLES Le Club Bruges, avec ses 25 matches sans avoir concédé le moindre revers, effectue un parcours remarquable en championnat de Belgique mais qui, au regard de la performance d'Arsenal, apparaît comme bien modeste.

L'équipe d'Arsène Wenger s'est en effet octroyé la possibilité de relever, ce dimanche en début de soirée à Manchester, un pari invraisemblable. Battus pour la dernière fois en Premier League par Leeds, le 4 mai 2003, les Gunners pourraient atteindre les cinquante matches d'affilée sans défaite si Old Trafford ne leur réserve pas un sort funeste.

Après avoir effacé Nottingham Forest (42 rencontres entre 1977 et 1978) des tablettes, les Londoniens, qui affrontent des Mancunians que l'on a déjà connu plus fringants, commencent pourtant à s'essouffler. Leurs récents résultats en Ligue des Champions - partages à Rosenborg et au Panathinaïkos -, l'altercation plutôt musclée entre Vieira et Lauren au retour du match en Norvège mais, surtout, les soucis physiques qui handicapent Edu, Henry, Pires et Vieira ne sont pas des indices qui incitent à l'optimisme. Mais bon, on n'établit pas une rafale de records à un tel niveau et sur une aussi longue durée sans traverser l'une ou l'autre tempête. Comptons aussi sur l'aura d'Arsène Wenger pour remettre un peu d'ordre dans une maison que le Français a déjà marqué, à tout jamais, de son empreinte. Arrivé pratiquement dans l'anonymat en Angleterre - certains tabloïds allant même jusqu'à titrer Arsène Who? lors de son intronisation en septembre 1996 -, le flegmatique Strasbourgeois a remporté six titres (3 championnats et 3 Coupes) en huit saisons. Mais il a surtout bâti une formidable machine à gagner.

Et même si Arsenal avait, depuis belle lurette, la réputation de posséder le football le plus latin de toute la Premier League, Arsène Wenger a réussi à inculquer à ses joueurs cette notion du beau jeu qui fait désormais la force des Gunners. Il est vrai qu'avec des garçons de la qualité d'Henry, Bergkamp, Ljungberg, Pires ou du dernier venu Reyes, le ballon ne peut que très vite rouler vers l'avant. Reste qu'après avoir réalisé un authentique exploit en bouclant un championnat complet sans trouver son maître - seul Preston en 1888-1889! mais en seulement 24 matches, y était parvenu -, Arsenal visera ce week-end son entrée dans le Top 50.

Rooney, Cristiano Ronaldo et Van Nistelrooy l'entendent-ils de cette oreille?

© Les Sports 2004